Il y a quelques années, je découvrais au hasard d’une de mes pérégrinations dans les salons Les Netscripteurs, une maison d’édition dont le concept m’a beaucoup plu.

 

Netscripteurs

Le concept? Proposer des livres écrits par des adolescents ou des jeunes adultes, destinés à des

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adolescents ou des jeunes adultes, dans un souci de qualité pour l’auteur comme pour le lecteur.

En d’autres termes, une maison d’édition qui s’intéresse à ce que les jeunes lisent et écrivent, consciente qu’il est difficile de se faire accepter dans une maison d’édition sans avoir fait ses preuves et a fortiori dans une société où l’on a plus tendance à se méfier de la jeunesse qu’à lui regarder ce qu’elle peut apporter.

En tête d’affiche, trois jeunes auteures bourrées de talent

Privilégiant la qualité et surtout un travail bien fait à la quantité fourre-tout et bâclée, les Netscripteurs ont actuellement fermé les soumissions de manuscrit et mettent l’accent sur trois très belles plumes.

sofeeprophets 1SoFee L. Grey est née en 1986 est l’amie du petit peuple. Entourée de fées et baignée de fantaisie, elle cite comme source d’inspiration autant Philip Pullman que Charles Baudelaire, autant Robin Hobb que Jules Verne.

Elle signe tout d’abord la série Prophets, dont le tome 2 est sorti en 2011. Dans cette série de fantaisy, nous découvrirons six adolescents survivant dans les ruines d’une cité en perdition, élevés et entraînés par leur chef de guerre. Lorsque débarque Shoei, un mystérieux vagabond, il est temps pour eux de prendre leur vie en main.

Roman d’aventure autant que de fantasy, ce roman se fait aussi remarquer par son style très riche et son univers sombre. Si vous voulez en juger par vous-même, l’éditeur met à disposition les premières pages en ligne pour que vous puissiez les lire tranquillement, si c’est pas sympa, ça…

créatureUn peu plus tard, elle signe sous son nom Sophie Abonnenc, une nouvelle bien différente de son univers fantasy, Créature. On y voit un créateur épuisé par sa journée de travail qui prend la plume et la pose sur le papier. Une créature prend forme, doucement, se révèle, se laisse faire, retient la mine, puis rend un peu les armes. Le tête-à-tête devient duel, et difficile de dire, des deux êtres qui sont chacun à un bout du crayon, lequel manipule l’autre.

D’abord ballet fascinant, puis dialogue muet et combat tendu, cette nouvelle donne à une créature de papier l’épaisseur d’un personnage à part entière et la créature ne cesse de prendre chair pour mieux retourner à son encre, effaçant peu à peu la frontière entre les deux univers pour mieux la rétablir. J’ai été bluffée à la lecture et je vous recommande ce petit bijou ne serait-ce que parce qu’il est vendu à un prix défiant toute concurrence (2,50 € en papier; 0,99€ en epub). Là encore, quelques pages (très frustrantes) sont à disposition.

lil esuriaLil Esuria est née en 1988. Son nom de plume vient du latin « esurio » qui signifie « avoir faim » et en effet, elle n’a pas attendu pour dévorer. La plus grande partie de son roman, Le Meurtre des Nuages, a été rédigée quand elle avait quinze ans et c’est à dix-neuf ans que Les Netscripteurs décident de la publier.

le meurtre des nuagesLe Meurtre des Nuages est un roman noir, violent et dur. Max, un jeune homme taciturne, isolé, couche sur le papier tous ses états d’âme, ses fantasmes, sa vie telle qu’il voudrait qu’elle soit. Et étrangement, ses fantasmes prennent corps dans la réalité, les femmes dont il rêve lui tombe dans les bras. Mais il lui en faut plus, provoquer le destin.

Bienvenue dans l’esprit torturé de Max, où ce qu’il vit et ce qu’il écrit se confondent au point qu’il ne fait plus vraiment la différence. Stylo dégainé dès que la réalité ne lui convient pas, aveuglement quant aux catastrophes qu’il provoque, incapable de voir si les événements arrivent sur le papier ou devant ses yeux, la spirale malsaine nous happe avec lui et je n’ai pas pu lâcher ce livre avant la fin.

Comme pour les autres, quelques pages sont disponibles en ligne. A noter que son prochain roman, Les Corps Fissibles, a été publié en direct sur un blog au fur et à mesure de son écriture.

Louise RoullierLouise Roullier est née en 1988 et a passé plusieurs années sur les bancs de la fac de lettres classiques. Latin, grec ancien, mythologie obscure n’ont pas de secret pour elle et elle voue une adoration à Tolkien. Elle s’est fait connaître d’abord comme blogueuse avec Histoires Mythiquesles tribulations amoureuses de poséidon, où elle raconte la mythologie greco-romaine avec un humour décoiffant.

Dans cette lignée, elle a publié chez Les Netscripteurs Les Tribulations amoureuses de Poséidon. Elle donne la parole à ce frère de Zeus, un peu oublié des mythes les plus connus et pourtant grand séducteur puisque dans une même famille, il a séduit pas moins de cinq donzelles. Et comme il est sympa, il dévoile ses conseils de drague. Dans une deuxième partie de l’ouvrage, elle met cette fois en lumière le point de vue des femmes, bien plus sombre et pathétique.

dionysos le conquerantEt voilà de quoi vous payer une bonne tranche de rigolade, car entre le second degré, les anachronismes potaches et les bouderies du dieu des mers, il y a de quoi ! Décalage, irrévérence, tout y passe et la mythologie subit une véritable cure de jouvence. Sans pour autant s’appauvrir, car ce ton enlevé révèle aussi toute l’érudition de l’auteur qui sait retrouver les mythes méconnus et les rattacher aux plus répandues des légendes grecques.

Quelques années plus tard, rebelote avec Dionysos le conquérant: lui aussi a sa réputation à refaire, puisqu’avant d’être le Dieu de la binouse, il a conquis les Indes pour prouver sa valeur et réalisé une véritable croisade alcoolique. Et quand un dieu grec est pris de folie sur le champ de bataille, ça donne des dialogues plus qu’originaux qui promettent de beaux éclats de rire.

En renfort, une anthologie apocalyptique et une équipe d’illustrateurs efficaces

En attendant l'apocalypseEn 2012, date significative s’il en est, les Netscripteurs s’associent aux éditions Nostradamus pour l’anthologie En attendant l’Apocalypse : dix-sept auteurs proposent chacun, le temps d’une nouvelle, leur vision de cette fin du monde si attendue et si commentée. Car personne n’étant vraiment d’accord sur ce qu’il faut attendre en cette période un tantinet troublé, les tons et les opinions varient d’une nouvelle à l’autre. Humour, tragique, fantastique, science-fiction, autant de promesses qu’il ne tient qu’à vous de découvrir. La liste complète des auteurs réunis est à découvrir ici.

Et comme nous savons tous qu’une bonne couverture est souvent déterminante pour attirer un lecteur dans l’univers d’un bon bouquin, les Netscripteurs n’hésitent pas à les mettre en avant. Signalons par exemple Krystal Camprubi qui a signé la couverture de Prophets ci-dessus, Laurie Liautaud qui s’est chargée de celle du Meurtre des Nuages, ou Michel Borderie pour celles de Poséidon et Dionysos.

En coulisse mais sur tous les fronts, l’éditrice

isabelle marinA la tête de cette petite structure, Isabelle Marin assure le travail éditorial. Elle défend un concept qui lui tient à coeur et on la retrouve pour présenter ses auteurs sur tous les salons où elle peut se faire une petite place. Toujours souriante et disponible, elle a accepté de répondre à quelques-unes de mes questions.

Elle nous raconte la naissance de la maison d’édition: « Les Netscripteurs sont nés de la volonté de créer une structure d’édition propre à mettre en valeur les écrits des jeunes. J’avais remarqué que, contrairement aux clichés rabâchés (« les jeunes ne savent plus écrire », « les jeunes ne lisent pas »), une certaine partie de cette population écrit au contraire bien davantage, avec passion et pour son plaisir, que les générations précédentes. Internet a permis en outre le développement d’activités amateurs de critique littéraire, d’écritures collaboratives, de « blogs romans », fanfictions, etc. Face à ces pratiques, en 2006, les propositions d’édition à compte d’auteur étaient prépondérantes, or elles constituent selon moi un miroir aux alouettes pour des auteurs qui ont besoin, au contraire, d’un travail éditorial pour amener leur texte à une publication de qualité, respectueuse de l’auteur et de son lecteur. L’idée était de mettre mes compétences en matière de « travail sur le texte » au service de ce projet. Pour le reste, j’ai suivi un certaines nombre de formations, de l’Asfored ou autres, et fait valider mon projet de maison d’édition dans le cadre d’une VAE en édition en parallèle à la création de ma structure éditoriale.« 

J’ai été un peu surprise d’apprendre que, si elle est entourée pour la gestion de la société, Isabelle Marin assure tout le travail éditorial: « Je mets les mains dans le moteur en assurant les fonctions de sélection, contractualisation, travail éditorial, correction, maquette, suivi de fabrication, commercialisation, communication (relations presse, salons…), etc… Je passe commande des illustrations de couverture auprès d’illustrateurs free-lance. » Elle est par ailleurs secondée par l’Association des Compagnons des Netscripteurs (toutes les infos ici) pour certains travaux, mais est obligée de mener d’autres activités parallèles pour financer la publication d’auteurs qui, hélas, ont du mal à briser les réticences de leurs pairs : « J’en profite d’ailleurs pour faire passer un message : « Vous écrivez, c’est très bien, mais achetez aussi les livres des autres jeunes écrivains, sinon il n’y aura jamais de « marché » pour vos propres ouvrages ! » »

Elle tient beaucoup au critère éliminatoire de « jeune auteur » mais nous rassure: la tranche d’âge requise est plutôt floue et d’autres éditeurs valorisent la maturité et la stabilité de leurs auteurs: « Le critère principal demeure la qualité du texte et ce qu’il peut apporter au lecteur, que ce soit au niveau des émotions, de la réflexion ou des connaissances, le repérage d’un style personnel intéressant ou d’une certaine originalité sur des sujets ou dans des genres susceptibles d’intéresser un public d’adolescents et de jeunes adultes. »

Netscripteurs équipe

Mais alors, qui décide que ces jeunes auteurs méritent de figurer au catalogue? L’éditrice est pour l’occasion un peu aidée: « Mon comité de lecture est constitué de « grands lecteurs » de mon entourage, capables d’émettre des avis critiques. S’y ajoutent, au fil des rencontres (contacts Internet, rencontres sur salons, blogueurs, etc.) et des disponibilités de chacun, des jeunes susceptibles de faire partie du lectorat visé. Il y a une charte déontologique à respecter et des fiches pour aider à l’analyse critique et au repérage du « potentiel » d’un texte. Le but de ce comité de lecture est de conforter mes choix ou d’attirer mon attention sur un texte qui ne m’aurait pas « marquée » au premier abord. » Mais vous l’aurez compris, c’est elle qui choisit ses poulains et vu qu’elle les accompagne de bout en bout, autant vous dire qu’elle les connaît bien et qu’elle sait de quoi elle parle.

Parlons de ses trois tête d’affiche, Lil Esuria, Louise Roullier et SoFee L. Grey: « Les trois principaux auteurs des Netscripteurs ont en commun d’avoir un style bien à eux, une « voix » particulière et une originalité dans le traitement des thématiques qui les touchent. Leurs textes m’ont marquée d’emblée, et j’y repensais par la suite. Pour moi, un texte qu’on oublie aussitôt après avoir refermé le livre ne mérite pas d’être publié, il doit continuer à voyager dans l’esprit du lecteur. » Chaque rencontre avec un auteur est donc une histoire originale, différente et c’est pour cela que chaque livre des Netscripteurs comporte un petit making-of qui la raconte et où l’éditrice donne son point de vue.

Et comme elle a eu des coups de coeur pour leurs écrits, elle tient à se consacrer à ses auteurs même si ceux-ci sont encore peu nombreux: « Je souhaite vraiment les voir « émerger » et faire reconnaître leurs qualités, et pour cela, il me faut les accompagner sur plusieurs livres, dans les débuts de leur « carrière » d’auteurs« . En effet, elle constate que le système commercial du livre renvoie parfois trop vite dans l’ombre des gens pourtant talentueux: « Je m’insurge contre cette consommation rapide : un livre bon aujourd’hui le sera encore dans six mois, et la reconnaissance d’un nouvel auteur (je parle d’un « vrai » auteur, qui a des choses à dire et une manière bien à lui de les dire, et non d’un « people »), le perfectionnement de celui-ci dans son art, sa rencontre avec son lectorat malgré la profusion de livres divers demandent du temps. J’aime repérer des talents et les accompagner jusqu’à leur reconnaissance auprès du public et de la critique. Je crois en leur potentiel dans la durée (par opposition aux « coups littéraires », auteurs pour lesquels on s’enthousiasme soudain avant de passer rapidement à autre chose, auteurs vite consommés et vite jetés aux oubliettes). Je veux des auteurs suivis et attendus par leurs lecteurs, et qui, chaque fois, vont un peu plus loin. » Elle se démarque ainsi de d’autres petites maisons d’édition qui publient de très nombreux titres en une année, dont elle doute de l’attention portée à chaque auteur: « Même si mon travail est loin d’être parfait, j’attache beaucoup d’importance au respect de l’auteur et du lecteur, et je préfère publier peu, mais des livres marquants, dont les lecteurs se souviendront. »

Elle nous livre au passage quelques informations sur les futures parutions qui mobilisent déjà beaucoup son attention et son enthousiasme: « Nous avons actuellement sur le feu un roman de fantasy steampunk de SoFee L. Grey qui verra le jour cet automne. Son troisième et dernier tome de la série Prophets est en outre prévu pour l’an prochain, de même que le tout nouveau, et déjà fort attendu, roman de Lil Esuria. »

Pari réussi en ce qui me concerne: après avoir découvert les trois auteures principales des Netscripteurs, je suis convaincue du nez affuté d’Isabelle Marin et je guette leurs futures parutions. Un système qui marche, donc!

Si vous aussi vous voulez découvrir ces petites pépites et leur donner la visibilité qu’elles méritent, vous pouvez trouver (outre les réseaux habituels de vos libraires sur la toile et IRL) un bon de commande sur le site de la maison d’édition. Trois de leurs titres sont également disponibles en version numériques pour vos liseuses, à des prix imbattables car oui, les Netscripteurs jouent le jeu de la publication numérique.

Vous pouvez aussi suivre les Netscripteurs sur leur page Facebook et leur éditrice sur son blog, le Salon d’Isa!

Un immense merci à Isabelle Marin pour sa disponibilité, encore bravo à elle et à tous ses auteurs et illustrateurs et pour reprendre un de leurs slogans: « FAITES COMME LES JEUNES, LISEZ DES LIVRES! »