CVT_Sucre-noir_8504« Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.
Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, étouffante, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument. »

J’ai beaucoup entendu parler de Sucre noir sur les réseaux sociaux, à peu près autant qu’Underground Railroad sur les sites de critiques, d’émissions télé, d’éditeurs ou autres medium de diffusion. Alors je l’ai attendu de pied ferme. Loin d’être déçue, car c’est un excellent roman, je n’ai cependant pas compris le battage et l’engouement parfois outrancier à l’égard de ce roman.

C’est un roman choral, un roman où trois destins se mêlent autour d’un trésor sonnant et trébuchant qui estompe ce qui a une valeur humaine certaine.

Ces trois destins sont pleins de désillusions, de rêves et de caprices avortés et brisés. Tous trois racontent le destin de ceux qui poursuivent une chimère. L’une poursuit l’idée d’un amour parfait, l’autre le rêve de la découverte d’un trésor prestigieux et l’autre que l’appât du gain et le talent pour faire fructifier son bien rend cruelle et avare. Ces trois voix sont profondes, caractérielles, généreuses et solitaires.

J’ai beaucoup aimé ce roman qui raconte des rêves brisés. Dans une écriture simple mais parfois capiteuse, on se laisse embarquer par ces volontés que rien n’arrête si ce n’est la mort. Un bel objectif atteint et une originalité qui le fait sortir du lot en cette rentrée littéraire aussi généreuse que les précédentes.

-Nyankomarie-