L-etau-des-tenebres-tome-2-L-insurrection-des-ombres

Adana Tarsis, ancienne grande figure de la Théologie, est désormais la femme la plus recherchée du pays. Il se murmure qu’elle prépare une attaque. Mais où? Et avec quelle armée? Le Grand Théologiste Duval la traque sans relâche. Ses envoyés sont sans pitié et terrorisent la population. La résistance s’organise et les informations s’exhument. La fameuse guerre atarke, qui a fondé l’unité de la Théologie, recèle bien des zones d’ombre qui ne demandent qu’à être éclairée.

J’avais beaucoup aimé le premier tome de cette série et c’est avec plaisir que j’ai entamé la lecture du deuxième. J’ai d’abord été très surprise, et même osons le dire: frustrée. Adana est la grande absente de ce début de roman. Même si l’on ne parle que d’elle, elle se fait désirer. C’est habile, mais j’ai quand même trouvé l’attente trop longue car ce personnage avait réellement porté le premier tome et, hélas, je n’ai trouvé personne pour donner le change tant elle avait de l’envergure. On attend son intervention et l’intrigue n’avance pas tant que cela, tant on se plait à faire enfler la tension et à soigner les effets des révélations. C’est essentiellement autour du passé de la Théologie que cette intrigue tourne. Le peuple Atark, si calme, si honnête, si prêts à collaborer avec une Théologie qui l’a pourtant soumis, n’a pas livré tous ses secrets. Le rythme est donc bien différent de celui du premier tome.
En attendant, on voit l’évolution dictatoriale de la Théologie. C’est sanglant, c’est le moins que l’on puisse dire. D’attentats en attaques armées, difficile parfois de savoir où sont les alliés et les ennemis, qui sont les gentils et les méchants. Les plus intègres en verront leurs certitudes ébranlées et certains personnages forcent le respect par leur volonté de rester fidèles à leur vision de la paix malgré tout, donnant lieu à des portraits particulièrement nobles et impressionnants, tant dans le raffinement de la cruauté que dans la noblesse. On remarquera notamment de très belles scènes de combat, particulièrement bien écrites, à la fois percutantes et développées. Le style général reste d’une grande qualité, même si l’on cède beaucoup trop souvent à des effets de cliffhanger assez lourds qui m’agacent parce qu’ils sont trop faciles et trop artificiels. La dernière partie du roman, avec la tant attendue confrontation, est pour le moins spectaculaire. On en prend clairement plein les yeux et en cela, le pari est réussi.

Je remercie les éditions Stellamaris et l’auteur pour m’avoir permis de poursuivre la découverte.