Coeur de loup

 

Présentation de l’éditeur: Féodora a grandi parmi les loups. Ils sont tout pour elle et, bientôt, elle deviendra maître-loup, comme sa mère. Mais ce destin extraordinaire est anéanti quand surgit l’armée du tsar, dévastant tout sur son passage. Alors que sa mère est faite prisonnière, l’intrépide Féo part avec sa meute à travers les forêts enneigées de Sibérie. Bravant l’ennemi, le froid, les tempêtes, elle est prête à tout pour la sauver…

 

Une héroïne fougueuse et à l’âme sauvage. Une envoûtante épopée russe où souffle le vent de la liberté. Par l’auteur du «Ciel nous appartient», prix Sorcières 2015.

 

 

Mon avis

 

Ce roman pour la jeunesse est une belle découverte. J’ai tout d’abord été attirée par la superbe couverture, ensuite le résumé apéritif a fait le reste. L’histoire de Féodora est touchante, cette petite fille plutôt sauvage va être brutalement plongée dans le monde adulte avec son lot d’angoisses, de déceptions, de dangers aussi. Au début du récit, nous suivons ses exploits en tant que future «maître-loup», en effet Féo parvient sans peine à se faire aimer de ces animaux craintifs mais majestueux.

Etant donné qu’il s’agit de mes animaux préférés, je ne pouvais pas faire autrement que de tomber sous le charme des trois loups qui accompagnent Féodora et sa mère. Ils représentent la nature sauvage dans toute sa splendeur. Mais leur bonheur est de courte durée, le tsar considère les maître-loups comme une nuisance et la meute qui l’accompagne comme un danger. C’est pourquoi il charge le colonel Rakov, un homme cruel, d’empêcher les loups de leur nuire. Féo devra fuir sa maison afin de pouvoir sauver sa mère, emmenée de force par les hommes de main du général.

Commence alors pour Féo une grande épopée. Tout comme dans les contes, notre jeune héroïne rencontrera sur la route nombre de protagonistes qui l’aideront dans sa quête. La fillette est plutôt en avance sur son âge, elle raisonne et parle comme une adulte mais je n’ai pas trouvé cela dérangeant. Au contraire, c’est même cohérent étant donné la vie dure que sa mère et elle mènent dans la forêt. En marge de la société, elles ont du mal à trouver leur place dans une ville où les animaux sauvages sont relégués au rang d’animaux domestiques affublés de costumes ridicules, que l’on fait danser pour se distraire. Et lorsque l’inévitable arrive, les bourgeois se débarrassent des prédateurs qui ont osé mordre la main qui les nourrit.

 

La plume de Katherine Rundell est fluide et très agréable à lire. Les illustrations intérieures en noir et blanc reflètent parfaitement l’univers de l’auteur. Avec beaucoup de douceur, elles nous permettent de mieux plonger dans les forêts glacées de Sibérie aux côtés d’une meute peu banale.

Même si ce n’est pas un coup de cœur, ce roman reste une lecture agréable que je vous conseille si vous aimez les récits d’aventures.

~Melissande~