518gp-fQKhL._SX195_« Laissé pour mort dans la montagne, le jeune Shikanoko trouve refuge chez un sorcier qui lui fabrique un masque aux immenses pouvoirs magiques. Il devient «l’Enfant du Cerf». Il parlera aux fantômes et aux esprits protecteurs, il apprendra des hommes et des femmes les plus puissants, il connaîtra le raffinement, l’amour et les sentiments les plus purs, mais aussi la bestialité, la cruauté et les machinations politiques…« 

L’enfant du Cerf est le premier des quatre volumes de la nouvelle série de Lian Hearn. Ce préquel du Clan des Otori se passe également dans le Japon médiéval qu’on avait tant aimé dans sa première série. Ce premier roman met en place l’histoire de Shikanoko, ce jeune garçon exilé d’une certaine manière par son oncle à la mort de son père afin que celui-ci conserve les prérogatives de chef de clan sur les terres de son frère. Avec ce personnage, mais aussi bien d’autres, on est confronté aux manipulations politiques, aux spéculations territoriales, aux rancunes familiales ainsi qu’à la conquête du pouvoir.

Lian Hearn n’a jamais été tendre avec ses personnages. Et lorsqu’on connaît un peu l’histoire et la culture du Japon médiéval on s’aperçoit de la grande qualité de son récit et l’étude approfondie de l’histoire du pays. C’est pour cela qu’on y croit et que ses personnages sont extrêmement crédibles. Elle mêle le réel et le fantastique avec brio et cela ne détonne pas avec la culture folklorique japonaise. Le personnage de Shikanoko est bien sur intéressant mais il est le jouet des autres parties tandis que les hommes dévoués à leur seigneur ont une dimension bien plus grande par leur implication à tous les niveaux. Shikanoko est, quant à lui, en train de se forger une nouvelle identité où il trouvera sa voie. Chose qu’il n’arrive pas réellement à voir avant la fin du roman.

L’histoire est vraiment bien construite mais à certains moments j’ai trouvé beaucoup de similitudes avec le premier volume du Clan des Otori. Une mise en place similaire entre Shikanoko et Takeo mais des choix et des appuis différents. Il n’y a aucune victoire dans cette histoire, juste une perception humaine de ce que pourrait être une vie sans haine et sans jalousie familiale.

Le fantastique est très présent et s’insère dans une vie quotidienne bouleversée par les conflits. Les démons et créatures surnaturelles ont la part belle et concurrencent les humains en terme de manipulation des usages du monde. La construction est efficace et bien menée, elle va à droite et à gauche et trimbale le lecteur partout. C’est un beau coup de cœur et j’attends avec impatience le tome deux au mois d’avril.

-Nyankomarie-