Loin de m’intéresser au roman de McCarthy qui est, paraît-il, bien plus trash que la version du film où Viggo Mortensen brillait de crasse, ou encore au grand classique de Jack Kerouac qui sont si bien nommés (Sur) La route, je me suis retrouvée à découvrir un aspect de Kenneth Cook que je ne connaissais pas et ainsi qu’une nouvelle de Joe Hill et Stephen King qui est rudement efficace.

C’est ainsi que j’ai découvert Plein gaz dans un réassort perdu en librairie.

cvt_Plein-gaz_578« Sur une route désolée du Nevada, un gang de motards est pris en chasse par un camion fou, apparemment bien décidé à les éliminer un à un. Il n’existe qu’une seule issue pour sauver sa peau : ne jamais ralentir… »

Et quelle efficacité. Peu de pages, peu de personnages, des motos qu’on a l’impression d’entendre pétarader et un fou furieux du volant qui sème la zizanie dans une meute de bikers trop imbus de leurs mauvaises personnes pour songer un tant soit peu que les autres ont des oreilles. Bref un cocktail de fureur pure et de carnage qui n’a d’égal que la violence du massacre. Car, oui il y a des morts et beaucoup par rapport à la quantité de personnages et le peu de pages sur lesquelles ils se déversent. On est aspiré par l’action, par ce rythme effréné de course-poursuite qui nous semble injustifiée au premier abord, et puis pas tant que ça finalement lorsqu’on apprend le passé des personnages. Au final c’est bien fait mais on se prend quand même une sacrée claque dans la tronche.

Cette brusque réalité du génie du fantastique allié au talent de sa progéniture n’a eu d’égale que la découverte inattendue du dernier roman sorti en français de Kenneth Cook, A toute berzingue.

téléchargement (1)« Shaw, paysagiste, traverse en voiture le désert australien lorsque surgit Katie, jeune fille affolée qui vient d’échapper à une effrayante créature, mi-bête mi-homme.
Sans eau et sans armes, dans une voiture inadaptée à la piste, poursuivis par l’agresseur de Katie qui a volé son 4×4, ils ont le choix entre fuir dans le désert brûlant et risquer la panne, ou retourner affronter l’assaillant. »

Guère plus soft que Plein gaz, A toute berzingue condense moins de morts mais distille un stress et une peur indéfinie au lecteur parce que le fou furieux qui poursuit ces deux malheureux touristes peut-être n’importe qui (faut-il être un tant soit peu perdu au milieu du Bush australien). Isolés au milieu de nulle part, avec une voiture pas vraiment faîte pour la piste, ils fuient constamment un malade carrément sauvage qui, on ne sait pour quelle raison, à décider de les tuer.

C’est un roman haletant et stressant. On a envie de crier sur ces pauvres gens qui essaient de s’en sortir vivants avec le peu qu’ils arrivent à avoir. Et puis l’Australie est quand même un pays flippant parce que c’est le désert sur la quasi totalité de son territoire et qu’il peut ne pas y avoir âme qui vivent sur plus de 600 kms. Alors oui, Kenneth Cook met à profit sa grande connaissance de l’Australie pour faire palpiter nos petits coeurs confortablement installé dans nos sofas simili-cuir et on découvre une vie rude à travers les descriptions du bush et une passion pour la terre sauvage. L’homme inconnu étant une parfaite représentation de l’inhospitalité du désert australien et des difficultés pour y survivre. A vraie expérience !

-Nyankomarie-