Je n’ai pas lu Les lames du cardinal. Je n’ai pas lu La trilogie de Wielstadt. Je n’ai pas non plus lu Haut-Royaume Le chevalier et encore moins L’héritier. Non j’ai eu une grande curiosité pour cette thématique des montes-en-l’air, ces cambrioleurs qui vivent dans un monde difficile et sans pitié. Cela m’a brusquement fait découvrir la superbe plume de Pierre Pevel et une nouvelle dimension de la Fantasy française, celle qui combine toutes les choses perfectibles dans les autres romans du genre. Les sept cités est une trilogie qui m’a surprise, séduite, passionnée mais aussi choquée. Le choc a été d’autant plus brutal qu’au fur et à mesure de la lecture je me suis profondément attachée à ces personnages qui, bien qu’ils soient des malfrats, ont une intégrité louable dans ce monde de brute.

livre-le-joyau-des-valoris-62-1« Dans la cité corrompue de Samarande, Iryän Shaän, voleur aux yeux de drac, est engagé pour voler un précieux diadème.
Il s’acquitte de sa mission mais les joyaux qui ornaient le diadème sont dérobés peu après.
Pourquoi ? Par qui ?
Pour se disculper, Iryän et ses complices devront le découvrir et vaincre par la ruse et le fer de nombreux adversaires : voleurs, assassins, mages et spectres.« 

Ce premier volume de la trilogie est sympathique dans la mesure où Pierre Pevel introduit de manière délicate et diffuse une intrigue étrange qui dépassera les héros de cette trilogie. Les personnages, qui ne font pas partis du même groupe présentement, se construisent de manière différentes car ils évoluent dans des groupes différents. C’est très intéressant car ils apportent tous une nouvelle intégrité au groupe qu’ils formeront plus tard. Le héros principal est Iryän mais on le voit très peu sans son acolyte, Svern. Ce dernier est taciturne, fiable, d’une fidélité à toute épreuve. C’est un personnage auquel je me suis beaucoup attachée en fin de compte car il est toujours là quand il faut et il a des principes même s’il ne se les avouent pas. Avec Iryän, ils forment un duo de voleurs assez couillus. Pour leur plus grand malheur j’ai envie de dire puisque c’est leur talent qui les mènera au plus profond des Problèmes avec un P majuscule.

La mise en place de l’intrigue est nette. On nous présente les différents acteurs politiques des cités, mais aussi les représentants de la justice les plus actifs. Et on nous fait vivre l’aventure avec ceux qui gravitent dans l’ombre mais sans qui rien ne peut être réalisé. Dans une société où les truands sont rois on se demande de quelle manière nos héros vont pouvoir se disculper du vol des pierres précieuses. Cela va les emmener très loin. Et ils ne s’aperçoivent même pas qu’ils ne sont que de pions.

images« Samarande, un an plus tard…

Iryän libère Svern, son complice et ami qui croupit en prison.
Pour y parvenir, il se met à dos une redoutable bande de malfrats, mais ce n’est pas le pire danger qui le menace.
Un vieil ennemi est de retour et d’autres apparaissent, tout aussi dangereux.« 

Après l’histoire du Joyau des Valoris, on retrouve notre groupe de voleurs : Iryän, Svern, Narubio et Myrdil. Embauchés sur une histoire d’enfants kidnappés ils mettent les pieds dans une histoire qui les dépasse complètement. Là encore il ne s’aperçoivent pas de l’ampleur de la corruption et du pouvoir qui gravite dans toutes les couches de cette société sclérosée. Leur engagement à apprendre la vérité sur le meurtre de la petite amie du compagnon de prison de Svern les mène à une histoire qui entre dans la dimension magique ébauchée dans le premier volume de la trilogie.

Ce volume est un intermédiaire. Il met en évidence un événement déterminant qui bouleversera les amis et les entraînera bien trop loin du chemin auxquels ils s’étaient préparé. Un vrai coup dur pour les amis qui savent qu’ils n’ont aucune importance aux yeux des gens qui convoitent la puissance.

telechargement« La mort a frappé et Iryän Shaän ne désire plus qu’une chose : se venger.

Aveuglé par la colère, il va combattre des factions puissantes dont certaines s’affrontent en secret depuis des siècles, quand les Dragons Divins régnaient sur le monde.
Mais rien n’arrêtera Iryän : ni homme, ni drac, ni prince-dragon.

Quitte à tout perdre, y compris la vie…« 

Privé de l’un de leurs amis, Iryän voit rouge. Complètement déconnecté de la réalité il ne cherche plus qu’à se venger du meurtre de son ami. Néanmoins, loin de comprendre qu’il vaut mieux profiter des vivants que venger des morts, il va perdre tout ce qui aurait pu le maintenir à flot. Aveuglé par la haine il mène toute son équipe à un désespoir dont personne ne se relèvera – et moi surement pas, je suis choquée à vie.

Ce tome trois est un véritable bouleversement. Loin de m’imaginer que Pierre Pevel irait aussi loin avec l’avenir de ses personnages, je m’aperçois qu’il les fracasse avec autant d’ardeur qu’une claquette sur un cafard. Car il apparaît que les amis auxquels je me suis attachée ne sont que des pions jetables pour les grands reconnus ou non de ce royaume en perdition. Je me suis pris une vraie claque.

Pierre Pevel nous offre avec cette trilogie des rebondissements et des écarts de conduites qui ne font que renforcer la dimension humaine de ses personnages. Son intrigue est solide. Elle laisse place à d’autres possibilités romanesques et je suis aux anges. Cela me fait me lancer dans Haut-Royaume, Le chevalier puis L’Héritier. Puis probablement La trilogie de Wielstadt et Les lames du cardinal parce que voilà, la plume de Pierre Pevel est géniale et donne envie de prendre des cours de français par qu’on est toujours à perfectionner.

-Nyankomarie-