QUOI? HERESIE! Et oui, mon titre est provocateur. Mais soyons honnête: on accumule, nos étagères croulent, nos proches suffoquent, nos déménageurs nous maudissent… Et il arrive forcément un jour où on doit faire un peu de place. Et en cherchant bien, il y en a quelques-uns, de ces livres chéris, qu’on ne relira sûrement jamais, on le sait, et qui nous manqueront moins que les autres.

livre-poubelleNooooooooon!


Oui, mais que faire d’eux? Parce qu’il est bien évident que jamais, au grand jamais, on ne jette un livre! Un livre, c’est vivant, ça doit continuer son chemin sans nous! Alors j’ai testé quelques techniques pour faire de la place sur mes étagères en ménageant mon petit coeur de bouquineuse.

Brocantes, vide-grenier et autres reventes d’occasion

Et oui, c’est la crise, ma p’tite dame, et comme pour acheter immédiatement de nouveaux livres et ruiner tous mes efforts, j’ai besoin de sous, j’ai pensé à revendre mes livres. Qu’il s’agisse du Bon Coin, de ma propre page Facebook ou d’un pucier quelconque, le principe est de proposer son livre à un prix réduit.

Les + : Si vous disposez de LA nouveauté jeunesse ou contemporaine à succès que tout le monde veut et que vous n’avez pas aimé, elle partira sans problème. Et sans intermédiaire: vous fixez le prix de vente, les frais de ports éventuels…

Les  – : Il faut que ça vaille le coup pour l’acheteur par rapport au livre neuf. Donc, que ce soit pas cher. Pour les poches, donc, vous ne ferez pas fortune, quand vous ne vendrez pas carrément à perte. De plus, cela dépend beaucoup du livre que vous voulez revendre. Honnêtement, votre vieil exemplaire de Notre-Dame de Paris ne partira jamais.

Mon avis : efficacité assez limitée.

Les sites de troc spécialisés

Il en existe des gratuits, des payants, mais le système reste le même: après inscription, vous proposez un certain nombre de livres à échanger, ce qui vous fait gagner des points et vous permet de demander à recevoir d’autres livres en échange. Personnellement, j’ai testé PocheTroc pendant quelques années.

Les + : la demande est assez forte et les livres partent plutôt bien. De plus, on peut y trouver des livres en rupture ou plus édités, et ce gratuitement (à l’exception des frais de ports).

Les – : pour que ce soit rentable, il faut commander et re-remplir les étagères. Du coup, j’ai eu vite un gros stock de points inutilisés, des frais d’envois jamais compensés par des réceptions.

Mon avis: efficace pour renouveler le stock et se séparer des livres auxquels on ne tient pas. Pas pour faire de la place.

La revente d’occasion aux libraires professionnels

Le plus gros acteur de ce système est Gibert Joseph, et c’est celui que j’ai testé, mais il en existe d’autres. Le principe : vous sélectionnez les livres que vous souhaitez vendre, ils vous disent si ils les reprennent et à quel prix.

Les + : une fois accepté par le libraire, votre livre vous rapporte du cash. Et c’est une transaction sérieuse. Vous pouvez aussi choisir des bons d’achats à utiliser chez le même libraire pour craquer encore (oui, c’est dur de se défaire des livres, même avec la meilleure volonté…)

Les – : le prix dépend beaucoup de la demande, et parfois on vous reprend les livres une misère, mais c’est le jeu de l’occasion. Les critères sont assez sévères: le bouquin doit être nickel. Et si vous faites partie de ces blogueurs ou journalistes qui reçoivent des services de presse, ils ne seront pas acceptés (mais en même temps, revendre ses services de presse, ce n’est pas très bien vu par les éditeurs non plus, et quand on est partenaire, on peut montrer un peu de délicatesse).

Mon avis: très efficace si vous avez beaucoup de livres à vendre.

Le don aux bibliothèques ou CDI

Evidemment, ça ne vous rapportera rien. Mais personnellement, je ne cherche pas forcément à faire de mes livres des objets commerciaux, alors ça me va. Beaucoup de petites bibliothèques communales sont preneuses de dons pour renouveler leur fonds. Quand aux CDI ou bibliothèques scolaires, leurs budgets sont tellement serrés que toute participation est souvent accueillie à bras ouverts!

Les + : Vous participez à la diffusion des livres et de la culture. Vous offres une nouvelle vie à vos livres. Vous rendez service à la communauté. Vous rendez les gens meilleurs.

Les – : certaines bibliothèques refusent les dons par peur de voir baisser leurs subventions (et oui…). Quant aux écoles, ils ne prennent que les livres jeunesse. Inutile donc d’essayer de leur refourguer votre exemplaire de 50 nuances de Grey.

Mon avis: j’adore l’idée et j’ai grand plaisir à savoir que mes livres seront lus par plein d’autres gens en passant ainsi d’une étagère à une autre.

Le don aux associations

Qu’il s’agisse d’Emmaüs, de structures spécialisées comme Recyclivre ou de ressourceries plus générales, de nombreuses structures appellent aux dons afin de revendre les livres à bas prix dans un but écologique ou caritatif.

Les + : Vous faites une bonne action. Vos livres serviront à financer les plus démunis, à aider à la réinsertion professionnelle… Et vous pouvez vous-mêmes y acheter pour presque rien un autre livre qui vous tente, histoire de doubler votre générosité.

Les -: Il n’y en a pas partout, il faut les trouver.

Mon avis: J’ai la chance d’avoir une Ressourcerie dans ma ville, alors j’en abuse. J’y apporte les livres par cartons entiers. Ils y sont revendus entre 0,25 centimes et 1 € pour financer une structure qui réduit les déchets et offre du travail aux gens. C’est à ce jour ma solution préférée.

Bon soyons honnêtes, même avec toute cette volonté de faire de la place chez moi, il reste des livres dans un carton qui sont supposés partir, un jour, quand j’aurais le courage, si je ne décide pas entre temps que finalement, je les garderais bien, on sait jamais…

Et vous? Arrivez-vous à vous séparer de vos livres? Quelles sont vos solutions préférées?

– Mélusine –