Cette semaine, je vous emmène dans le domaine steampunk et fantastique, avec un roman et une BD.sense-of-wonder

L’empire des Nations est en ébullition. A Polsk, on prépare l’Exposition Universelle. L’occasion d’exposer et de présenter à la population des créatures féériques et terrifiantes, les Filles d’Envers, venues de ce monde accolé au nôtre dans lequel on les a cloitrées depuis la Révolution Industrielle. Des hommes et femmes ont pourtant gardé le contact, bien malgré eux, avec ces créatures: ils sont dotés du Sens qui leur permet de les sentir, parfois aussi de les contrôler. Certains en ont fait une occupation à plein temps: les Investigateurs Psychantiques. Ce sont eux qu’on appelle lorsqu’on soupçonne des Inversées d’être mêlées à des histoires troubles.

Grâce à la plume soignée, ornée et musicale, de SoFee L. Grey, l’immersion est garantie! J’ai immédiatement pris ma place au sein du petit groupe d’Investigateurs Psychantiques, sur la péniche qui leur sert de Q.G.. Ils ont tous un petit côté anti-héros, une bande de surhommes un peu cabossés. En bon roman steampunk, cet ouvrage nous transporte dans un univers de fin XIXème siècle, où la fascination pour les mécaniques naissantes côtoie un rejet très net du surnaturel et de l’étrange. Les créatures fay sont de véritables prédateurs, qui provoquent un carnage lorsqu’on les lâche sur quelqu’un. Ames sensibles s’abstenir: plus le roman avance, plus il sombre dans le chaos et la violence, en annonce du complot qui est en train de se préparer contre le jeune empereur plein de projets inédits. J’en suis ressortie un peu sonnée, pas sûre d’avoir tout saisi au vol, mais sous le charme de cette petite pépite inclassable aussi glauque et soignée que sa couverture l’annonce.

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Dans cette BD, nous découvrons le psychanalyste Simon Radius et ses méthodes peu orthodoxes. En effet, il a la capacité de rentrer dans l’esprit et les souvenirs de ses patients afin de les explorer et d’y chercher ce qu’ils ont éventuellement oublié. La police fait fréquemment appel à lui de manière informelle pour qu’il fasse avouer des criminels ou qu’il lève des traumatismes refoulés.

Plusieurs histoires se succèdent dans cette intégrale, reliées par le fil rouge de la disparition de Dora, la propre femme de Simon, qu’il n’a jamais élucidé et qui reste un mystère pour son propre cerveau exceptionnel. Le concept rappelle celui des mentalistes qui peuplent nos séries télévisées. Mais le plus intéressant, c’est la manière dont visuelle, le dessin rend les incursions dans le subconscient d’autrui. Une petite fenêtre ouverte dans un oeil et hop, voici Simon parti sur le fil des souvenirs, spirale qui plonge de plus en plus profond, jalonnée de portes fermées et d’écrans à percer. Et les liens entre monde réel et monde psychique sont étroits, puisque Simon parvient même parfois à s’inviter dans votre cerveau sans même que vous en soyez conscients. Une jolie découverte graphique!

– Mélusine –