J’aime beaucoup le théâtre de Laurent Gaudé car il est assez particulier, loin de se découper comme des pièces de théâtres communes, il s’agit souvent de longs monologues assez descriptifs au niveau de la gestuelle de scène et de l’approche des personnages. C’est ce qui rend si particulier le théâtre de Laurent Gaudé.

Mille_orphelins_suivi_de_Les_Enfants_FleuveDans Mille orphelins, c’est un homme qui a beaucoup voyagé qui se retrouve confronté à tous les enfants qu’il aurait ou a pu avoir au cours de sa vie. On ne sait pas bien si ce sont les enfants qu’il a eu et qu’il n’a pas reconnu ou si c’est une vue de l’esprit mais le résultat est là. Cet homme s’est consacré à lui-même, à sa réussite professionnelle et il est seul. S’il avait pris le temps de se poser un peu et de s’investir dans la vie des autres, il en aurait été autrement.

Les enfants fleuves nous fait revenir à l’environnement un peu mythique de l’auteur. On retrouve une construction un peu similaire à celle d’Onysos le furieux en moins de pages. Un homme d’un village prévient les habitants qu’il a entendu le fleuve prévenir de sa venue. Peu l’entende, peu se fient à lui. Alors que les femmes et les enfants se réfugient en hauteur le village est rasé par le fleuve dans la nuit. Le don du fleuve est de rendre pour une nuit les morts à leurs familles. De cette nuit naîtra les enfants fleuve ayant le corps des vivants mais l’âme des morts. Destinés à une errance sans fin, ils sont la représentation de l’inconséquence des hommes.

Ces deux récits sont riches en ressenti, en sens de la responsabilité et en sentiment de culpabilité. La morale des pièces est distillée simplement avec pudeur et raison. On découvre comme à chaque fois une nouvelle facette du talent de l’auteur. Alors, si vous n’avez encore jamais lu l’ouvrage de Laurent Gaudé je vous y invite avec bonheur, c’est un véritable régal littéraire.

-Nyankomarie-