Cette semaine, je vais vous parler de deux sorties assez récentes qui ont été de magnifiques surprises.

coup d'état

Il y a quelques mois, je vous avais déjà parlé de Valérie Simon et annoncé la sortie de cet opus. Et le voilà enfin lu. Et j’ai pris une sacrée claque. D’abord, parce que Valérie Simon a drôlement évolué depuis sa série Arkem, qui était d’une facture fantasy beaucoup plus classique. Jugez plutôt de l’intrigue: après dix ans d’absence la princesse Alia rentre auprès de son père le roi d’Alsybeen. A l’âge de six ans, celui-ci l’a en effet envoyé faire son apprentissage auprès des Initiées Denaia. Elles sont belles, elles sont intelligentes, elles sont soudées, et elles sont les éminences grises des plus puissants seigneurs. Et elles savent user aussi bien de leurs charmes que de leurs facultés magiques. Initiée à son tour, Alia est pourtant devenue bien gênante. Elle est l’héritière d’un royaume très convoité à cause de sa principale ressource, le Cristal. Il faut donc l’écarter du pouvoir, que ce soit en la mariant ou en l’assassinant.

Politique et conflit en hauts lieux, voilà la trame. On est bien loin de la fantasy pour jeunes adultes, d’autant plus que les femmes qui infiltrent les chambres des rois et empereurs n’ont rien d’amoureuses romantiques. Elles se servent de leurs charmes pour que les hommes baissent leur garde et pour mieux infiltrer leurs pensées secrètes. Véritable système politique parallèle, le Denaia est une organisation aussi séduisante qu’écrasante, et l’on plonge dans un roman bien plus mature qu’on ne pourrait s’y attendre. Ajoutez à cela des descriptions fabuleuses qui nous en mettent plein les yeux, des créatures fantasmatiques dont on hésite si elles sortent de nos rêves ou de nos cauchemars, et surtout, des personnages intrigants, attachants, agaçants, inquiétants mais jamais caricaturaux, et vous comprendrez que je n’ai pas pu lâcher ce roman avant d’en avoir atteint la fin. Une fin d’ailleurs bien méchante, puisqu’elle laisse un énorme suspens pour le tome suivant, très attendu!!!

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On connaît surtout de Léonard de Vinci l’image d’un vieil homme vénérable, lors des trois dernières années de sa vie qu’il passa en France. Cette bande-dessinée propose de plonger dans sa jeunesse et son intimité. Ses débuts à Florence, dans son atelier, à la recherche de contrats parce que l’argent ne tombe pas du ciel. Ses promenades où il observe les oiseaux et leur vol fascinant. Ses échecs, lorsqu’une tempête ravage sa monumentale Cène. Et surtout, son histoire d’amour avec le jeune Salai, petit diablotin séduisant qui aussi son élève et son modèle.

Les dessins de Benjamin Lacombe, ici accompagné par Paul Echegoyen, sont absolument sublimes. Tout en grisés en en sépia, ils nous plongent dans l’Italie de la Renaissance, pour mieux faire ressortir les couleurs des oeuvres de Leonard, légèrement acclimaté au trait de l’auteur. Le résultat graphique est à la fois nostalgique et étonnamment moderne. J’ai adoré découvrir un Léonard de Vinci encore en construction, certes reconnu mais qui doit encore et toujours faire ses preuves, toujours en transit et en recherche. En cela, sa sagesse et son esprit forment un contraste charmant avec l’insouciance et la vigueur de Salai, toujours prompt à l’amusement et aux emportements. Une petite merveille de BD, donc, dont j’attends le tome 2 avec une grande impatience.

Et vous qu’avez-vous lu de chouette dernièrement?

– Mélusine –