6f45fce1caf55b6e8bf69f7ec1cfa2540c1060bb« La jeune Shai a été arrêtée alors qu’elle tentait de voler le Sceptre de Lune de l’’Empereur. Mais au lieu d’’être exécutée, ses geôliers concluent avec elle un marché : l’’Empereur, resté inconscient après une tentative d’’assassinat ratée, a besoin d’une nouvelle âme. Or, Shai est une jeune Forgeuse, une étrangère qui possède la capacité magique de modifier le passé d’’un objet, et donc d’’altérer le présent. Le destin de l’’Empire repose sur une tâche impossible : comment forger le simulacre d’’une âme qui serait meilleur que l’’âme elle-même ? Shai doit agir vite si elle veut échapper au complot néfaste de ceux qui l’’ont capturée. »

Ce court roman de Fantasy retrace en quelques pages l’évolution d’une technique artistique à part entière mais dévaluée par les instruits, la copie d’œuvres d’art. L’art d’être un faussaire est une thématique très peu abordée dans la littérature et c’est pour cela que ce roman m’a interpellé. La capacité à copier les techniques artistiques des autres artistes est quelque chose de profondément technique. Le summum pour un faussaire étant que la copie soit égale – sinon meilleure – à l’original. Ce métier, inattendu dans la littérature, est assez improbable pour une héroïne et on peut s’interroger sur la manière dont l’auteur va mêler la Fantasy du monde et le fantastique des objets utilisés. Brandon Sanderson arrive ici à nous initier à une pratique de la magie assez inattendue qui se lie au merveilleux à mesure que l’on découvre l’étendue du talent de Shai.

Il nous amène également en douceur à une réflexion sur la valeur de l’art, de la peinture et de la sculpture notamment. On comprend bien à travers son roman que cette valeur relève surtout d’une question de perception et non de valeur matérielle intrinsèque. Il nous pousse à explorer les dessous d’une vie politique publique et personnelle à travers  l’exploration de la vie de l’empereur que mène Shai afin de reconstruire une âme à l’empereur accidenté. De son poste de renégate de la société artistique et politique, Shai mène plus d’une investigation. Celle pour reconstruire l’empereur, celle pour s’évader et celle de l’exploration de la chambre qui lui sert de cellule pendant les trois mois que dure sa réclusion.

Ce court roman est très intense en réflexion et digression artistique. Nous retrouvons bien entendu, un petit univers de Fantasy avec un pratiquant d’une forme de magie noire et de la magie qu’a réussi à construire l’auteur autour d’un petit objet tout aussi inattendu, le sceau qui était  historiquement utilisé par les notables chinois afin de signer tout document officiel ou relevant d’une identification artistique ou littéraire. Un petit bijoux littéraire à découvrir.

-Nyankomarie-