Cette fois il s’agit d’une seule découverte mais non la moindre tant ce roman est touchant. Je remercie les éditions du livre de poche sans qui cette lecture n’aurait pas été possible.

Voici donc Les papillons rêvent-ils d’éternité? de Sandra Labastie.

9782253099901-T

Présentation de l’éditeur:

«Cette journée du 1er janvier, la première de la dernière année du monde, il s’est passé quelque chose de spécial entre nous, les élus. C’était comme au printemps, quand on devient joyeux sans comprendre pourquoi. C’est la dernière année de souffrance, a dit papa. Bientôt, on sera libérés. » S. L. Les croyants se préparent à la fin des temps. Parmi eux, une jeune fille de douze ans commence, malgré une vie régentée par la Bible, à se questionner sur sa condition, grâce à un dictionnaire auquel elle se réfère secrètement. L’adolescente, sujette aux railleries du « monde extérieur » autant qu’aux affres de la puberté, observe les craintes et les obsessions humaines, mais aussi les pouvoirs de l’imagination pour triompher d’une vie sans espérance. Sa voix juste et simple nous mène au cœur des joies étranges de ceux qui s’estiment élus de Dieu contre le monde entier, à la frontière très fragile où la croyance jouxte la folie.

Mon avis 

Le titre de ce roman, à la fois subtil et poétique, ne laissait rien supposer du drame vécu par cette jeune narratrice de treize ans.

Cette lecture bouleversante pousse le lecteur à s’interroger sur le bien-fondé de certaines croyances et met en lumière les dangers de l’endoctrinement. Bien que les parents de la jeune fille soient aimants et attentionnés, leur dévouement envers Dieu et les membres de leur communauté aura une issue malheureuse.

Il est effrayant de constater à quel point ces personnes se font manipuler. Elles sont naïves, confiantes et bien loin de la dure réalité de la vie. Mais la force de ce récit réside également dans les émotions exprimées avec délicatesse.

La plume de l’auteur décrit avec exactitude les tourments de l’adolescente sans jamais tomber dans le voyeurisme ni le désespoir. Ce récit est une invitation à rester lucide face au Bien, au Mal et surtout face aux peurs primitives de l’homme. Pourquoi l’être humain a-t-il tant besoin de croire à un avenir meilleur dans ce qu’il nomme naïvement Paradis?

Je n’en dirai pas plus afin de ne pas tout dévoiler puisque le roman est assez court. Bien qu’au premier abord je ne savais pas quoi penser du thème abordé, j’ai été séduite. Peut-être est-ce grâce à cette jeune narratrice qui regarde peu à peu son monde s’écrouler mais qui ne perd jamais la foi (mais dans le bon sens du terme, sans jamais tomber dans le fanatisme).

Une lecture qui ouvre les yeux donc. 😉

                                                                                                                               ~Melissande~