Cette semaine, je vais vous parler d’une BD à réserver à un public averti et d’un roman fantastique bien décalé.

coitus interruptus

Voici l’histoire d’un couple comme beaucoup, avec des enfants, des amis… Et une vie sexuelle. Qui peut parfois être très drôle. Pas facile, par exemple, de se ménager des moments d’intimités lorsque les enfants écoutent aux portes ou s’invitent dans le lit. Ou de conjuguer les envies de l’un et de l’autre. Qu’il s’agisse de lui qui sort le masque et les menottes (et perd la clé) ou voit de la stimulation partout, ou elle qui lui demande de se décaler un peu pour regarder la fin de sa série ou d’envoyer des sms à son coach minceur, les situations les plus banales succèdent aux plus absurdes, tout ça pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques.

Si vous suivez un peu les éditions Rebelle sur les réseaux sociaux, vous n’avez pas pu passer à côté des planches de Philippe Reyt qui croque tantôt avec tendresse, tantôt avec mordant, la vie familiale et intime. Dans cette BD, on rit beaucoup et pour cause! La caricature y est franche, et l’on n’hésite pas à tourner en ridicule les situations un peu farfelues. J’ai également beaucoup aimé les commentaires du dessinateur en cours de route, à sa table de travail, qui subit notamment les foudres de sa compagne, les questions de son éditrice: on devine qu’il jongle entre le vécu et la caricature et se moque en premier lieu de lui-même. Le trait de Filipré (son pseudo pour l’occasion), avec son petit côté naïf, rend ses personnages très attachants et amusants et, pour le coup, n’est jamais vulgaire. Il donne volontiers la parole aux parties concernées de l’anatomie pour expliquer de manière imagée comment ils vivent leurs vies, et j’ai passé un excellent moment avec cette petite pépite.

quadruple assassinatNépomucène travaille de nuit, à la morgue. C’est là qu’il a rencontré une nuit Robert Joachim Charles-Henri de Bruyère, un vampire plus que centenaire, avec lequel il a noué une amitié certaine puisqu’ils se livrent ensemble chaque nuit à  des expériences sur des animaux morts en dégustant quelques cocktails avec ou sans sang. Mais lorsque Népomucène trouve devant la morgue les cadavres de quatre de ses collègues, l’inquiétude le gagne, ainsi que son ami vampire. Ils décident alors de mener l’enquête.

Léger, ce roman débute sur une boutade, avec une pompe à piscine. Il nous plonge d’emblée dans un univers cocasse à l’endroit où on s’attendrait au contraire à une ambiance plutôt glauque. La petite assemblée de personnages que l’on découvre est profondément originale et atypique. Si l’intrigue en elle-même n’a rien de vraiment novateur, elle est néanmoins habilement menée, puisque Népomucène est le narrateur d’une enquête qui va vite devenir dangereuse pour lui et dont il va être écarté, multipliant ainsi les fausses pistes et les visions tronquées. Les profils des protagonistes, leurs réactions inattendues, les relations qui se tissent entre eux sont autant de petits détails qui sortent des sentiers battus, pleins d’ironie et de malice. Une série à découvrir.

– Mélusine –