000-couv kaidin.inddKaïdin sur les traces de Bashô met en exergue les œuvres de l’artiste Kaïdin par rapport aux haïku de Bashô. C’est une alliance poétique entre le land art, la poésie et la littérature. Cet ouvrage trilingue (Anglais, Français et Japonais) met l’accent sur les photographies des œuvres éphémères de Kaïdin immortalisées par les photographies d’Uwe Ommer.

« Ô! Kaïdin,

À l’immatériel tristesse de nos rêves,

Eternité de vos créations! »

 Kaïdin, de son vrai nom Monique Le Houelleur, est une artiste franco-vietnamienne a réalisé en 2007 et 2008 un voyage au Japon sur les traces du maître du haïku, Matsuo Bashô. Cet écrivain a inspiré plusieurs installations en pleine nature. Elle travaille depuis quelques années en Côte-d’Ivoire dont elle a obtenu la nationalité. Cet artiste autodidacte  est maintenant très marquée par la culture africaine. En novembre 2013, elle fut nommée Chevalier des arts et lettres de la République française. Vous pouvez découvrir plus avant son travail en vous rendant sur son site internet.

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« Alentour

dans tout ce que le regard croise

fraîcheur! »

Matsuo Bashô (1644-1694) est considéré comme l’un des « Six sages du haïku » de l’histoire littéraire du Japon. L’un des plus célèbres de la période Tokugawa avec Saikaku et Chikamatsu. Fils d’une famille guerrière, il est libéré de la tutelle féodale avec la mort de son seigneur. Il se rend alors à Kyôto où il prend la plume et l’habit de moine. A partir de 1681, il consacre sa vie à l’étude, la méditation et à la poésie. Grâce à sa maîtrise et à sa sensibilité il a enrichit ce domaine littéraire d’une pureté des mots et de son ressenti.

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« Le monde entier en fleurs

un psaume au bouddha

je chante »

Ce très bel ouvrage rend deux sortes d’hommages. Le premier à l’artiste à qui il est consacré et le second à Matsuo Bashô. Le titre interpelle le lecteur mais je trouve qu’il est un peu trompeur. Même si les œuvres de Kaïdin bénéficient de belles pages, je trouve que les haïkus sont trop peu nombreux et que le lien entre l’artiste et le sage n’est pas flagrant. Le titre est un peu racoleur. Cependant, j’ai trouvé les œuvres de Kaïdin très intéressantes et en harmonie avec l’environnement. La double richesse de cet ouvrage réside donc dans la reproduction des œuvres et la retranscription des haïkus de Bashô. La sensibilité entre ces deux artistes est assez proche et ressort très bien dans l’ouvrage.

Je vous invite donc à découvrir cet ouvrage si, comme moi, vous êtes sensible à l’alliance entre art et littérature avec la transfiguration de la nature par l’art de Kaïdin et Bashô.

-Nyankomarie-