Bonjour,

Aujourd’hui je souhaitais mettre en avant une toute jeune auteur dont le premier roman  » Positive Way «  ( Edition Milady, collection Emma) vient tout juste de paraître. Il s’agit de Chloé Bertrand.

Chloé est une personne adorable avec laquelle j’ai eu l’occasion de discuter, pleine de gentillesse et d’humour.

 

Je vous invite à découvrir son roman qui est une touche de fraîcheur dans la littérature actuelle.

 

Pie¦Çce jointe

sortie le 12 /11 /2014

Le mot de l’éditeur:

— T’as perdu ta crête, remarqua-t-elle d’un ton un brin boudeur.
Ce fut à ce moment exact qu’il tomba amoureux d’elle.
Alice l’a rencontré ce soir-là, à un de ses concerts, son appareil photo dont elle ne se sépare jamais en bandoulière – c’est sa façon à elle de regarder le monde.
Lui, il chantait sur scène, avec sa crête iroquoise bleue, sa béquille, son bras et sa jambe dans le plâtre. Alice a pensé que c’était un miracle qu’il tienne debout – et elle ne savait pas encore à quel point elle avait raison.
Après ça… Les amis, les errances, les toits de Londres, les montages photo, les chansons, la fenêtre d’Alice. Une histoire comme une autre, peut-être – sauf que c’était la leur. Et ce qui devait arriver arriva : Alice est devenue le miracle de Thomas, son petit miracle rien qu’à lui…
photo moi

 

Née en 1994, c’est toute petite que Chloé Bertrand est tombée dans la marmite des livres. Elle a rencontré Harry Potter à l’âge de six ans et a rendu sa décision dans la foulée: plus tard, elle serait sorcière ou écrivain – les deux, si possible. Depuis, elle n’a jamais cessé d’écrire. Après un an passé à Londres, Chloé a posé ses valises à Montréal pour y étudier la création littéraire. Comme d’habitude, ses héros favoris l’ont suivie; le petit sorcier, mais aussi Cyrano de Bergerax, Artemis Fowl, et l’intégralité des personnages de Pierre Bottero.

Depuis l’autre côté de l’océan et malgré un décalage horaire de sept heures, Chloé Bertrand  a accepté d’assouvir ma curiosité en répondant à quelques questions.

 

Peux-tu me définir ton univers ?

« Difficile de répondre à cette question car mes univers sont multiples : si Positive Way se déroule de nos jours, à Londres, sans aucune connotation fantastique, la plupart de mes histoires s’inscrivent dans des mondes partiellement ou totalement imaginaires : une ville magique et hypnotique protégée par un dieu-renard qui exauce les vœux, la Terre après une apocalypse naturelle, l’univers dans un futur très lointain, le monde des morts (qui apparaît sous différentes formes dans au moins deux de mes projets), etc. »

 

Peux-tu me dévoiler la genèse de ton premier roman ?

« Et bien vous allez rire mais si on reprend tout depuis le début du début… Bah, ça commence avec Matrix (si, si !). En fait quand j’accroche vraiment à une fiction (livre, série, film, qu’importe), souvent je refais l’histoire dans ma tête de mille manières différentes. Et un jour je me suis demandée ce qui se serait passé si Néo et Trinity s’étaient rencontrés quand ils étaient enfants –enfin, ados. De fil en aiguille, l’histoire que j’ai inventé s’est détachée de l’univers de Matrix jusqu’à ne plus avoir aucun rapport avec ma base. Alors j’ai changé les noms et j’ai tout mis par écrit. Maintenant, plusieurs années plus tard, après avoir complètement réécris ce roman, le seul lien qui reste entre Positive Way et Matrix, c’est le prénom de Thomas. »

Que peux-tu me dire concernant ton prochain roman ?

« « À l’aide » ? Non, je plaisante. C’est celui qui se passe dans une ville hypnotique protégée par un dieu-renard qui exauce les vœux. Un truc qui balance entre le fantastique, le steampunk et le film de gangster –enfin, j’ai fait de mon mieux. J’ai presque fini de l’écrire mais je pense qu’il va falloir pratiquement tout réécrire ensuite, ne serait-ce que parce qu’en me relisant je réalise que plusieurs scènes seraient mieux exploitées du point de vue d’un autre personnage. Et aussi parce que les dits personnages ont refusé de se conformer au plan pendant toute l’écriture. Du coup, avec toutes les surprises auxquelles j’ai eu droit, y a pas mal d’incohérence qui se sont accumulées et que je vais devoir traquer et supprimer. Bref, du travail en perspective. »

As-tu un rituel d’écriture ?

« Pas vraiment en fait. Je travaille presque toujours par ordinateur. Par contre, quand je suis bloquée, je passe à la main et je me parle à moi-même par écrit : je me pose des questions, je cherche des réponses, je fais des hypothèses, je me dispute avec moi-même, je résume ce qui est au point, tout ça par écrit. Le fait de parler (même à personne) m’a toujours aidé à tirer les choses au clair –pas qu’en écriture, d’ailleurs. Ah, et souvent je réécris. Y a des gens qui planifient tellement bien leur roman que leur premier jet a juste besoin d’être corrigé. Moi, très souvent, mon premier jet fait office de plan et de brouillon, après je réécris tout. Et bien sûr je passe toujours par le forum Cocyclics quand j’écris un roman, pour les encouragements ou bien pour chercher des relecteurs. »

 

 As-tu une anecdote concernant l’écriture ou l’édition de ce roman que tu souhaites nous faire partager ?

« Évidemment, au moment de répondre à cette question, rien ne me vient… J’ai écris cette dernière version de Positivie Way en grande partie quand j’étais au pair à Londres, et je me souviens que Thomas s’est retrouvé avec une crête bleue après que je sois allée à Camden pour la première fois, et que j’y ai croisé des punks. Pareil, je suis passée vingt fois devant un skate park, sur le bord de la Tamise, et du coup mon affreux jojo a fini par s’y mettre. »

 

Comment s’est passé ton premier rapport avec le monde de l’édition. Est-ce-que cela a été difficile de faire éditer ton premier roman ?

« C’est toujours difficile de faire éditer un premier roman, à moins d’avoir de très bons contacts dans le monde de l’édition, ce qui n’était pas mon cas. J’avais déjà tenté, sans succès, de faire publier d’autres manuscrits précédemment, et j’ai noté une chose (ça s’est révélé vrai dans mon cas mais ça n’est pas forcément le cas de tout le monde), c’est qu’il y a trois stades dans les réponses des éditeurs. Stade 1 : on ne répond pas/on répond non avec deux lignes bateaux. Stade 2 : on répond non mais on prend plusieurs paragraphes pour t’expliquer pourquoi et comment améliorer ton roman. Stade 3 : on répond oui. Le tout c’est d’être patient. Lors de mes derniers refus, un éditeur avait joint son numéro de téléphone au mail qu’il m’avait envoyée, si je voulais en discuter avec lui. On a parlé de mon roman pendant trois quarts d’heure. Les réponses des éditeurs quand j’essayais de faire publier la première version de Positive Way, bien que négatives, m’ont beaucoup aidé dans mon travail de réécriture. Pour Bragelonne, j’ai reçu un mail de Claire Deslandes, la directrice de publication numérique, m’informant qu’ils étaient intéressés par mon manuscrit. Tout est allé très vite par la suite, et tout le monde a été très gentil et aidant avec moi. J’ai rencontré Claire et son assistante dans les bureaux de Bragelonne (ce truc de malade !) pour la signature de mon contrat, on a trouvé pleins de pistes pour mes corrections (y en avait pas mal à faire, soyez-y préparé quand vous en arriverez là) et ensuite Hélène Jambut, la correctrice, m’a énormément aidé. »

 

Quels conseils donnerais-tu à de jeunes auteurs souhaitant se faire éditer ?

« Avant de vous dire des trucs techniques et décourageants, vous devez entendre (enfin, lire), ceci : croyez en vous. On va vous dire que c’est pas une bonne idée, que c’est très difficile, que vous n’en vivrez pas, qu’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, et ô combien d’autre trucs idiots que les gens à qui vous vous confirez ne devraient pas vous dire. Croyez en vous, croyez en vos rêves. Vous êtes les seuls à pouvoir exaucer vos propres vœux, mais vous pouvez le faire, quoiqu’il arrive.

Inutile d’envoyer votre manuscrit à toutes les maisons d’éditions dont vous trouverez les coordonnées sans faire de tri, c’est le meilleur moyen de vous faire une mauvaise réputation. Ciblez vos envois : consultez les catalogues en ligne des maisons d’éditions pour voir si elles publient le type de roman que vous écrivez. Si vous trouvez un éditeur, tenez les autres au courant : lire votre manuscrit prend du temps, ne le leur faite pas perdre si vous avez déjà signé ailleurs. Et encore une fois : soyez patient. Et surtout ne vous reposez pas sur vos acquis ; ce n’est pas parce que vous venez de passer un an sur un roman qu’il est fabuleux. Réécrivez. C’est long, c’est casse-pieds, ça peut même être décourageant, mais croyez-moi : on y gagne. Ah, et le plus important : faites vous lire. De préférence par des gens qui lisent beaucoup, voire mieux : qui écrivent. Votre famille et vos amis sont géniaux quand il s’agit de vous encourager à continuer, mais d’expérience je vous dirai que leurs remarques sont rarement très constructives. Ce qu’on appelle la bêta-lecture (le fait de faire lire votre manuscrit à des gens dans le but d’avoir un topo précis sur ce qui marche et ce qui ne marche pas) est, à mon sens, très importante (même si certains auteurs fonctionnent très bien sans ça). Ayez au moins un bêta-lecteur en qui vous avez confiance : vous savez que votre relation ne l’empêchera pas de vous dire ce qu’il pense vraiment et vous savez que vous êtes sur la même longueur d’onde en terme de lecture et d’écriture. Évitez d’avoir cinquante bêta-lecteurs pour ne pas avoir cinquante avis différents, faîtes le tri dans leurs conseils (vous n’êtes pas obligé de faire tout ce qu’ils vous disent) et réécrivez. L’orgueil tue les écrivains –surtout ceux qui n’ont pas encore d’éditeur.

Pour ceux qui n’ont personne vers qui se tourner et qui écrivent de la fiction imaginaire : https://tremplinsdelimaginaire.com/cocyclics/phpBB3/

Vous y trouverez de l’aide –à condition d’aider aussi, évidemment. Là aussi, d’ailleurs : www.espacescomprises.com »

 

Quels sont tes projets actuels et/ou futurs ?

« En ce moment j’essaie de pendre quelqu’un en priant pour que mes personnages ne décident pas encore à la dernière minute de changer le plan. Et vous, ça va ? Plus sérieusement : j’essaie de terminer cette histoire de gangster et de renard, mais je vais sûrement la ranger dans un tiroir jusqu’à une date ultérieure quand j’aurai terminé. Pourquoi ? Parce que ça fait des années que Charly, Kanchan, Tobias, Matthew et Camille grandissent et construisent leur histoire dans ma tête, et parce que je brûle de vous la raconter. Elle se déroulera probablement sous la forme d’un feuilleton numérique post-apocalyptique, mais dans l’immédiat il ne faut jurer de rien. En tout cas c’est mon prochain projet, et il risque de me tenir occupée un moment. Du reste j’ai de la réserve : une longue histoire de science-fiction impliquant Jack l’Éventreur, un récit fantastico-psychologique dans le monde des morts, une histoire de princesses en treize tomes, j’en passe… »

 

Tes auteurs favoris ?

« Pierre Bottero était un grand artiste, j’espère le rencontrer dans l’au-delà, un jour (lointain de préférence). Walter Moers. Timothée de Fombelle. JK Rowling, pour avoir déclenchée ma vocation –à cause d’elle je voulais être écrivain dès l’âge de 6 ans. Oh, et Luce Basseterre, mais vous ne la connaissez pas encore… »

 

Tes romans fétiches ?

« Harry Potter. La Cité des Livres qui rêvent (à mettre entre toutes les mains).Vango, Tobie Lolness, Ellana (les trois tomes, et tant qu’à faire vous pouvez lire les six tomes d’Ewilan qui se placent entre le 2e et le 3e tome d’Ellana). Plus récemment, A comme Aujourd’hui, de David Levithan, m’a complètement abasourdie (très positivement). »

 

Un dernier mot, message à tes lecteurs ?

« Voici Thomas et Alice. Ils me sont très chers et précieux, j’espère que vous les aimerez un peu. »

 

Je la remercie chaleureusement pour le temps qu’elle m’a accordée, et si vous souhaitez en savoir plus sur elle, ou simplement lui laisser un petit mot vous pourrez la contacter à cette adresse jolacorneille@gmail.com ou alors via facebook sous le nom de Chloé J. Bertrand.

Chloé Bertrand un talent à suivre de très près et à ne surtout pas rater!