Il existe des thèmes qui, bien que traités dans des romans contemporains, nous rappellent étrangement d’autres livres plus anciens, voire ancestraux. Et quand on regarde, en fait, d’autres auteurs y ont déjà pensé depuis trèèèèèèès longtemps.

Aujourd’hui, je vous parle du thème des frères ennemis et du nombre de fois où je l’ai croisé dans ma vie de lectrice. Kesaco? Les frères ennemis, c’est la présence de deux frères que tout oppose et qui sont aussi liés que rivaux. Je suis sûre que vous connaissez au moins un livre dans lequel c’est le cas.

Pour ma part, je suis remontée jusque dans les religions et mythologies. Ça commence avec Abel et Caïn, les enfants d’Adam et Eve. Le jour où

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l’offrande de Caïn a le malheur de moins plaire à Dieu que celle d’Abel, il tue son frère par jalousie. On trouve plus loin aussi Esau et Jacob et leur négociation du droit d’ainesse. Chez les Romains, Rémus et Romulus font aussi figure de frères ennemis: alors qu’ils sont en train de départager le terrain de la future Rome, Romulus en vient à tuer son frère pour montrer qu’il ne faut pas franchir ses frontières.
Comme quoi, dès les prémisses de nos civilisations, les rapports entre les frères soulèvent de nombreuses questions, notamment pour les jumeaux. Qui prévaut sur l’autre? Les droits sont-ils les mêmes? Doit-on forcément s’aimer si on est frère? Peut-on coexister avec une personne qui est un autre nous-même finalement?

Là où ces frères ennemis ont commencé, pour moi, à prendre une vraie dimension littéraire, c’est avec le mythe de la Thébaïde, puisqu’il a inspiré plusieurs auteurs classiques ou modernes, comme Sophocle, Rotrou, Jean Racine ou Jean Anouilh.
AntigoneAnouilhL’histoire est la suivante: Oedipe, après avoir suivi soigneusement l’oracle en tuant son père et en épousant sa mère, s’est crevé les yeux sur le corps pendu de la reine Jocaste. Le trône de Thèbes doit donc revenir à leurs enfants. Mais les aînés sont deux garçons, Etéocle et Polynice, et ni l’un ni l’autre ne veut céder. Un marché est donc passé: ils règneront à tour de rôle, un an sur deux. Mais lorsqu’arrive le tour de Polynice, son frère refuse de lui céder la place. Polynice s’allie donc à d’autres cités afin d’attaquer Thèbes. Les deux frères finissent par s’entretuer. Sans héritier, le pouvoir est confié à Créon, leur oncle, qui, afin de donner l’exemple, décide de laisser pourrir sur place les corps des deux frères sans les enterrer. Ce qui n’est pas du goût d’Antigone, leur petite soeur, prête à défier le nouveau roi pour offrir une sépulture décente à ses frères.

Si c’est surtout l’histoire d’Antigone et son combat pour rétablir l’honneur de ses frères que l’on a retenu, surtout grâce au symbole de résistance qu’en a fait Jean Anouilh, il n’en reste pas moins que l’histoire d’Etéocle et Polynice reste un bel exemple de la rivalité entre frères et des terribles extrémités auxquelles elle peut conduire. Il faut dire que dès qu’on leur met le pouvoir entre les mains, il n’y a plus de valeur familiale qui tienne.

D’ailleurs, nos contes de fées ont très souvent exploité le filon, mais plus souvent avec les soeurs. Rappelez-vous par exemple de début de « Les Fées », signé Charles Perrault:

« Il était une fois une veuve qui avait deux filles ; l’aînée lui ressemblait si fort et d’humeur et de visage, que qui la voyait voyait la mère. Elles étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses qu’on ne pouvait vivre avec elles. La cadette, qui était le vrai portrait de son Père pour la douceur et pour l’honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu’on eût su voir. Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée, et en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette. »

Bon, pour les filles, l’enjeu est moins d’être puissant que d’être aimable et de choper le premier prince qui passe, mais le schéma reste le même: une fratrie que tout oppose sauf leur lien du sang. Certains essayent d’atténuer cette étrange opposition en transformant les soeurs en demi-soeurs, comme dans « Cendrillon ». Néanmoins, l’inimitié entre soeurs ou frères continue d’inspirer.

pierre et jeanFaisons un bond dans le temps. J’ai retrouvé les frères ennemis dans un roman de Guy de Maupassant.

Dans Pierre et Jean, là encore, tout oppose les deux frères: le caractère, le métier et même le physique, puisqu’on nous présente soigneusement un blond et l’autre brun. L’opposition éclate au grand jour lorsqu’un vieil ami de leur mère meurt et fait de l’un des deux frères son unique héritier. Pourquoi l’un et pas l’autre? Les questions se multiplient. Et si les deux frères n’avaient en réalité pas le même père? Et si la morale de leur mère n’était pas si irréprochables qu’ils le pensaient?

Maupassant, en bon auteur naturaliste, revisite ce thème à la sauce hérédité. Deux frères peuvent-ils réellement avoir des divergences aussi flagrantes s’ils partagent le même sang? Pour lui, il y a forcément un moment où les gênes parlent et viennent expliquer cette division. Une manière comme une autre de dire, encore une fois, à quel point les différences et les oppositions entre frères questionnent et interrogent, semblent peu probables voire inexplicables. Comme si une telle divergence était tout simplement contre nature.

Journal d'un vampireLa dernière fois que j’ai croisé les frères ennemis en littérature, c’était dans ce genre si à la mode qu’est la bit-litt.

Dans Journal d’un vampire, Elena, la reine du lycée, est fascinée par l’arrivée d’un bel étudiant italien, Stefan Salvatore. Mais l’arrivée de celui-ci coïncide avec d’étranges morts violentes dans les environs. Stefan est-il le vampire qui vide les habitants de leur sang? Les choses se corsent lorsque surgit Damon, le frère de Stefan, vampire lui aussi. Et lui aussi trouve Elena particulièrement à son goût.

Ici, comme dans tout bon roman jeunesse qui ne peut aller sans son triangle amoureux, la rivalité entre les deux frères passe par une femme. Le schéma est traditionnel là aussi, encore fallait-il le mettre à la sauce vampire. Les deux frères ne vont cesser de se chercher, se provoquer, s’affronter, mais aussi se secourir et se protéger. Quand la romance s’ajoute à un thème intemporel, les frères ennemis ont l’avantage d’en fournir pour tous les goûts: vous aimez le gentil romantique? Vous préférez le bad boy? On a ça en stock.

Et vous, avez-vous déjà vu ce thème dans vos lectures? Comment était-il traité?