logo_salon_du_manuscritLe monde de l’édition est en plein boum depuis quelques années. La multiplication à outrance des solutions d’édition a de quoi faire perdre la tête aux auteurs à la recherche d’un contrat. Entre l’édition numérique, les maisons d’édition qui travaillent à 50% à compte d’auteur, les traditionnelles élitiste par nécessité et gangrénée par le copinage, les éditeurs à compte d’éditeur qui pratique l’édition à la demande sans accompagnement des œuvres, etc. il est difficile, voire impossible à certains auteurs de rencontrer leur public. Mais une nouvelle structure française vient de se lancer sur un créneau qui, sans être novateur, explore la combinaison de différentes pratiques pour offrir un service entièrement nouveau : le Salon du Manuscrit.

Le Salon du Manuscrit

Un modèle associatif

A l’écart de l’édition traditionnelle, le Salon du Manuscrit est une association dans tous les sens du terme. Une association d’un point de vue structure juridique, et une association de moyens qui existent et fonctionnent depuis plusieurs années sur internet. Le but du Salon du Manuscrit n’est pas de gagner de l’argent, étant donné sa structure économique, il consiste simplement à mettre en relations plusieurs acteurs du métier littéraire, de l’auteur au lecteur en passant par l’imprimeur et le distributeur. Mais là où cette association se démarque de l’édition traditionnelle, elle met en relation directe les auteurs avec un public potentiel avant même que l’objet n’existe, et procède à la création de l’ouvrage à partir de cette relation.

Auteur et lecteur, le nœud de l’art littéraire

Comment cela fonctionne-t-il ? Très simplement : des auteurs et des lecteurs se déclarent sur le site internet du Salon du Manuscrit. Les uns présentent leurs œuvres par le biais d’un profil descriptif et d’un extrait, les autres parcourent ces œuvres et émettent leur avis sur la base de ce qui en est montré. Ce procédé n’est pas sans rappeler le système des sites de rencontres, sauf qu’ici, on rapproche un lectorat potentiel d’un auteur. Ceci constitue la première étape du processus créatif de l’objet. Car c’est sur la base de cette relation et par le plébiscite d’un nombre minimum de lecteurs que l’auteur obtiendra, pour le moins, des avis qui lui permettront de situer la valeur de son travail, pour le mieux, le droit de passer à la seconde étape.

Le financement participatif au service des auteurs

Cette seconde étape, quelle est-elle ? La souscription. A ce stade, l’auteur fait bénéficier à son œuvre d’un financement participatif. Aussi appelé « crowdfunding », ce procédé est déjà utilisé dans divers domaines sur des plates-formes spécialisées dans le financement participatif lui-même. Le principe consiste à présenter un projet à un public de contributeurs prêts à mettre la main au porte-monnaie pour aider l’auteur du projet à le réaliser. Concrètement il peut très bien s’agir de l’édition d’un livre, mais aussi la réalisation d’un album musical, ou la mise au point d’une invention, cela ne se cantonne pas au domaine artistique. En contrepartie de la participation financière, les contributeurs sont crédités de l’objet une fois qu’il sera créé, souvent avec un petit quelque chose en plus, ou des goodies limitées réservées aux seuls contributeurs. Une promesse de dons supérieurs aux besoins requis engage l’auteur du projet à réviser l’ambition de son projet.

Dans le Salon du Manuscrit, ce financement participatif est tout à fait propre à l’univers du livre. En fait, il permet au public de lecteur d’acheter le produit fini, donc le livre, il ne s’agit donc pas d’un don. On parle donc plus volontiers de souscription qui est un principe de pré-vente. Sa parution est toutefois conditionnée par le nombre d’exemplaire promis à la vente grâce à ce financement. Une fois ce seuil atteint, l’auteur obtient la garantie du nombre de vente indiqué par le compteur de participants et l’argent perçu servira à la fabrication de l’ouvrage (correction, mise en page, bon à tirer assurés par des professionnels), à son impression et à sa distribution (par le biais du réseau de partenaire du Salon du Manuscrit). Le système trouve un équilibre entre le nombre de participation et le nombre d’ouvrage imprimé de telle sorte à satisfaire tous les contributeurs comme il se doit, mais aussi pour vendre l’ouvrage dans les librairies. A noter que tout souscripteur est assuré d’avoir le livre, ce même s’il n’a pas atteint le seuil à partir duquel il est aussi commercialisé au grand public.

Et après ?

Et après, tout est dans les mains du Salon du Manuscrit et de l’auteur. Dans cette mécanique où la parution d’une œuvre est assujettie au plébiscite d’un lectorat convaincu, le bouche à oreille aura déjà une large part dans le succès de sa diffusion. Mais cela n’empêche nullement l’auteur de se manifester sur les salons et chez les libraires pour accompagner son produit. En cela, le Salon du Manuscrit se positionne comme une maison d’édition traditionnelle.

Une idée fondatrice novatrice

Le Salon du Manuscrit dans son ensemble n’a rien de révolutionnaire. Il ne fait que mettre en relation des acteurs du domaine littéraire et des procédés de financement qui existent déjà séparément. Avoir un certain nombre de contacts et de partenaires dans ce milieu est, pour la petite équipe de gestionnaire de l’association, le point de départ d’une solution unifiée et centralisée. En effet, si rien n’empêche un auteur d’aller défendre son projet sur une plate-forme de crowdfunding classique, cela revient à obtenir les fonds nécessaire à la production d’une œuvre à compte d’auteur pour laquelle il lui est difficile de définir la portée. A moins ensuite de s’associer à un professionnel pour s’assurer de la création et de la diffusion de l’ouvrage, il se sera engagé dans un processus qui peut s’avérer long. Le Salon du Manuscrit propose donc de n’avoir finalement qu’un seul interlocuteur et de spécialiser la relation avec un public qui peut faire plus que simplement donner de l’argent.

Si cette idée fonctionne (et elle semble déjà porter ses fruits puisqu’une première parution est prévue en septembre) gageons qu’elle fera des émules. Contrairement aux domaines de la musique, de la bande-dessinée, des jeux de société, etc. où l’accès direct au visuel du projet est une aide considérable pour séduire rapidement un public, le livre est quant à lui limité par son format. L’appréciation d’une œuvre littéraire n’est pas immédiate et requiert un investissement plus important de la part de son lectorat. On peut donc admettre l’intérêt d’une plate-forme dédiée à cette approche compréhensive de l’échange lecteur-auteur qui sera profitable à ce dernier pour parfaire ses écrits. Que cette plate-forme soit en plus l’outil qui permet de financer la production de l’ouvrage, il n’est plus nul besoin d’aller voir ailleurs.

Le_Salon_Du_Manuscrit_accueil

On nous en parle

Il me paraissait intéressant d’entendre différentes personnes impliquées dans le Salon du Manuscrit. Je les ai donc interviewé.

Chez le Salon du Manuscrit

Pour affiner un peu le sujet, j’ai demandé à Bénédicte Vidor-Pierre, la présidente de l’association Salon du Manuscrit, de répondre à quelques questions.

Bonjour Bénédicte. Pourriez vous nous présenter le projet du Salon du Manuscrit en quelques mots ? Vous êtes de professionnels ou des amateurs éclairés ou les deux ? Quel est sa forme juridique ?
Le Salon du Manuscrit est une association de la loi de 1901.
Nous avons eu le projet ambitieux de faire intervenir les lecteurs dans la publication. À l’inverse des maisons d’édition traditionnelles où le comité de lecture est restreint et tenu à l’écart du public, nous élargissons le notre à l’ensemble des lecteurs. Le principe est simple : chaque auteur peut déposer son manuscrit sur notre site, où les internautes pourront en lire un extrait, le commenter, émettre un avis constructif, et le soutenir par un vote. Chaque ouvrage qui réunit 75 votes passe en souscription : si le manuscrit fait l’objet de 350 commandes, il est distribué en librairie à 1200 exemplaires minimum, accompagné d’une campagne de promotion adéquate. Sinon, chaque lecteur ayant souscrit à l’ouvrage le reçoit imprimé. Notre concept s’articule donc autour de principes de sélection, d’interaction, et enfin de promotion, sans laquelle aucune publication ne peut aboutir.
Des amateurs éclairés sont à l’origine du concept du Salon du Manuscrit. Aujourd’hui, notre maison se compose aussi de professionnels, notamment pour assurer un travail de qualité aux tâches techniques comme la correction, l’impression, la diffusion, la distribution. Ceci étant, les amateurs conservent une grande place dans notre maison d’édition, puisqu’ils composent majoritairement notre comité de lecture, et donc décident de la sélection des livres qui seront publiés en librairie.

Tout le monde peut-il participer au comité de lecture ? Y a t-il a un protocole à suivre pour devenir lecteur du Salon du Manuscrit ?
La possibilité que chaque lecteur puisse intégrer notre comité de lecture est un principe fondateur du Salon du Manuscrit. C’est en ce sens que notre maison d’édition est démocratique: sa ligne éditoriale s’ouvre à l’ensemble de ses lecteurs. Autrement dit, la décision de publier un ouvrage en librairie revient au public. Ainsi, chacun de nos livres distribués en librairie a été en amont plébiscité par nos lecteurs. Élargir le comité de lecture revient finalement à assurer un gage de qualité comme un bon accueil en librairie.
Pour devenir lecteur, et donc pour intégrer notre comité de lecture, la procédure est simple et rapide : il suffit à l’internaute de s’inscrire gratuitement sur notre site.

Quelle différence y’a t’il entre votre projet et le crowfunding qui est de plus en plus présent dans le milieu musical ?
La différence entre notre structure et un projet de crowfunding se fait au niveau du financement. Au Salon du Manuscrit, nous considérons que le livre est un bien culturel avant d’être un produit commercial. Pour soutenir une oeuvre et un auteur, nous proposons aux lecteurs de
commander l’ouvrage. Autrement dit, en contrepartie de son soutien, le lecteur reçoit son livre. À l’inverse, le crowfunding, qui est une levée de fond, considère que soutenir un auteur est un financement qui demande un retour : les internautes placent en quelque sorte une somme d’argent dans l’ouvrage qu’ils souhaitent, et récupèrent, si il est publié, une partie des droits d’auteur. Nous restons à distance de ce modèle, qui tend à ne mener en publication que les livres commerciaux, indépendamment de leur plus-value littéraire.

Pensez vous, par cette initiative, amorcer un mouvement dans l’édition, celui, par exemple, que les majors auraient du réaliser dans la musique ou est ce une formule « à part » dans le paysage de l’édition ?
Nous pensons effectivement que notre initiative ne sera pas une expérience marginale et momentanée dans l’histoire de l’édition. D’une part, le Salon du Manuscrit manifeste le désir d’incorporer les potentialités d’internet encore trop tenues à distance par les structures éditoriales. D’autre part, notre projet répond aux rigidités de l’édition traditionnelle : il permet aux lecteurs d’intervenir dans le processus de publication, mais aussi aux auteurs d’améliorer leur manuscrit en tenant compte des retours objectifs, anonymes et constructifs des lecteurs. Ce projet est donc porteur de nouveauté, et, si il ne remplacera pas l’édition traditionnelle, il donne un second souffle et de solides perspectives d’avenir au livre.

Un des problèmes du « tout le monde peut être lu », c’est que certaines idées sont soit contraire à la loi française, soit en contradiction avec l’éthique de ceux qui initient le projet mais recevoir le soutien de lecteur. Comment gérez vous ce cas de figure ?
Chaque auteur peut publier son manuscrit sur notre site, à la seule condition que le contenu de son texte ne franchisse pas le cadre de la légalité. Avant d’être mis en ligne sur le Salon du Manuscrit, plusieurs modérateurs vérifient que l’ouvrage ne contient pas de propos licencieux, racistes, xénophobes, homophobes, etc. Quant au respect de l’éthique des initiateurs du projet, notre maison est pensée de façon à remettre la ligne éditoriale aux mains des lecteurs. Par conséquent, nous ne souhaitons pas intervenir dans ses décisions de publications : sont publiés en librairie les livres suffisamment plébiscités par nos lecteurs, quel que soit l’avis que nous pouvons nous faire de l’ouvrage. Il est toutefois assez improbable que les publications soient en parfaite contradiction avec le projet initial : nous estimons que le jugement littéraire de nos lecteurs est suffisamment abouti pour faire intervenir directement le public dans le processus de publication.

Concrètement, comment accompagnez vous les auteurs qui vont être publiés?
Les auteurs sont à la fois accompagnés par les lecteurs, mais aussi par une équipe de professionnels. Chaque manuscrit déposé sur le site fait l’objet de commentaires, de critiques et d’avis objectifs : à l’auteur d’en tenir compte afin de retoucher son ouvrage en vue de l’améliorer. De manière générale, même si l’ouvrage n’est pas publié, l’auteur peut avoir des retours sur ses écrits, ce qui était jusqu’à
aujourd’hui impensable dans le monde éditorial. Des cafés littéraires sont organisés afin de faire rencontrer les auteurs et les lecteurs, toujours dans l’optique de faire sortir l’écrivain de sa tour d’ivoire, et avoir un aperçu concret de sa réception se son ouvrage auprès du public. Enfin, l’accompagnement passe passe par une campagne de promotion, sans laquelle l’auteur ne peut pas rencontrer son public.

Une fois la décision d’investir sur un manuscrit, il y a la promotion qui est essentielle aujourd’hui. Quels outils avez vous mis en place à ce sujet ?
Effectivement, aucune publication ne peut recevoir de bon accueil en librairie sans en amont faire l’objet d’une rigoureuse campagne de promotion. C’est pour cette raison que tout manuscrit publié au Salon du manuscrit sera relayé par les réseaux sociaux sur lesquels nous sommes très actifs. Toutefois, si Internet est nécessaire, il n’est aujourd’hui pas suffisant pour une bonne promotion : nous invitons l’auteur à nous accompagner défendre son oeuvre dans des cafés et un grand nombre de salons littéraires auxquels nous sommes conviés. Aussi, nos campagnes de promotions passent aussi par les médias, par le biais de passages en radios, d’interview dans la presse ou à la télévision. La promotion est un impératif central pour notre maison d’édition, qui est un complément nécessaire au principe de sélection.

Y a t-il déjà des livres d’auteurs du « Salon du Manuscrit » à disposition ?
Après quatre semaines d’existence seulement, le Salon du Manuscrit réunit plus de 500 membres, et met à disposition les extraits de plus de soixante manuscrits différents, dont déjà trois en souscriptions. Le développement du site est donc à la hauteur de nos attentes. Notre perception de la publication, qui nécessite une rigueur dans la sélection et la promotion, interdit de se précipiter en librairie : un travail éditorial de qualité est une course de fond. Toutefois, nous espérons une publication avant Septembre.

A propos de la fabrication du livre, quels sont les services assurés à l’auteur ? Y a-t-il une relecture corrective professionnelle ? L’illustration de couverture est réalisée comment et selon quels critères ? Le format et la mise en page sont-ils assez ouvert pour se conformer à certains desiderata de l’auteur ? Qui sont vos imprimeurs ?
Pour la fabrication du livre, le Salon du Manuscrit assure à l’auteur les services de correction orthographique, typographique et de mise en page. La correction orthographique et typographique est un élément central de la chaîne du livre, c’est pour cette raison que nous confions cette tâche à des professionnels. Nous avons fait le choix d’une couverture et d’une mise en page minimaliste, dans le but de
préserver l’objet livre. Pour autant, notre format est 21/15, ce qui laisse à l’auteur encore un certain nombre de possibilités. Enfin, notre imprimeur est situé à Villefranche, près de Lyon. Ainsi, nous faisons le choix de privilégier l’impression locale, dont la proximité facilite un travail commun.

A propos de la distribution, quels sont vos circuits ? La diffusion numérique est-elle prévue, et sur quels supports ? Quels sont les points de vente de votre réseau ?
Le Salon du Manuscrit est avancé dans les négociations avec Pollen Diffusion, ainsi, nos points de ventes physiques seraient les librairies en partenariat avec ce diffuseur. Si nous sommes attachés à conserver l’intégrité de l’objet livre, notre structure éditoriale a toutefois
pour ambition de s’adapter à la diffusion numérique : le Salon du Manuscrit est en partenariat avec Bouquinéo. Nous bénéficions donc de la librairie en ligne de ce site, mais aussi des plate-formes de vente sur Internet comme PriceMinister, Fnac, Amazon, etc.

Avec la profusion d’auteurs qui pourraient débarquer sur votre site, ne craignez-vous pas de ne pouvoir mettre en face assez de lecteurs et/ou de visibilité pour donner sa chance à chacun ? La liberté de proposition risque d’entraîner un mode de sélection naturel qui sera basé avant tout sur ce que le site met en avant, de quelle façon comptez-vous procéder pour équilibrer l’offre et la demande ?
Afin de donner la même chance à tous les auteurs d’être publié, le Salon du Manuscrit s’efforce de donner une visibilité aux nouveaux entrants. Notre maison d’édition a créé en ce sens les « Manuscrits du Vendredi » sur Facebook : cette page met en avant les manuscrits récemment déposés sur le site. Tous les vendredis entre 18h et 22h, auteurs et lecteurs sont invités à se retrouver sur cette page pour échanger des avis, et commenter les manuscrits proposés. Les Manuscrits du Vendredi permettent ainsi une véritable interaction entre les auteurs et leurs potentiels lecteurs, dont plus de 1000 ont été séduits jusqu’à présent.

Le système de sélection pour la souscription ne risque-t-il pas d’être biaisé par des votes aveugles ? Pire, pourrait-il être gangrené par des robots ou des tiers offrant ou louant leurs votes ?
Nous ne pouvons effectivement pas échapper à ces fonctionnements fréquents sur le web. Néanmoins, nous invitons nos lecteurs à apporter un regard critique sur les manuscrits proposés, qui va au-delà du simple clic pour voter, et espérons de ce fait maintenir ce travers au rang de simple fait résiduel. Mais surtout, la sélection des manuscrits se fait à un double niveau. En effet, seuls les ouvrages ayant recueilli au moins 75 votes passent en souscription d’une part, et d’autre part, ces manuscrits ne seront publiés en librairie qu’à la condition de faire l’objet de 350 commandes. On voit donc que le système de copinage ne peut aboutir dans notre mode de sélection, dans la mesure où seuls les lecteurs réellement intéressés par le manuscrit en souscription sont prêts à l’acheter pour soutenir l’auteur.

Merci à vous, Bénédicte Vidor-Pierre, pour ces réponses éclairées.

Avis d’auteur

Je me suis

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dit que l’analyse ne saurait être complète sans l’avis d’un des premiers intéressés, à savoir un auteur. En toute logique, suivra également l’avis d’un lecteur. Ce n’est évidemment pas représentatif de la population visée, mais ça donne idée de ce que les premiers concernés pensent de cette mécanique. Malheureusement, à l’heure où j’écris ces mots, je n’ai pas eu de retour d’auteurs. J’invite donc les auteurs du Salon du Manuscrit à s’exprimer dans les commentaires de cet article s’ils le souhaitent.

Avis de lecteur

Une lectrice assidue du Salon du Manuscrit m’a généreusement offert sa participation, d’afficher un avis de quelqu’un à l’autre bout de l’équation.

Bonjour Baya, vous êtes lecteur déclaré sur la plate-forme du Salon du Manuscrit. Quel est votre profil de lectrice et vos attentes en littérature ?
Je ne peux pas concevoir la vie sans la lecture. Je suis une lectrice passionnée, peut-être même un peu plus, initiée. Actuellement je suis en retraite, je prends avec bonheur le temps de lire.
Mes attentes en littérature ? Les auteurs contemporains nous disent la vie d’aujourd’hui, ce sont les voix de « notre temps » notre ère. Elle est passionnante cette ère, celle du deuxième millénaire et qui apporte tant de changements dès le début du premier siècle. Je ne vais pas les citer et je ne parle pas que du climat. Les auteurs du début du siècle et des siècles précédent sont la mémoire vive des temps passés. On peut s’y ressourcer, trouver une inspiration pour un nouveau souffle de notre vie…
Mon Dieu mais que serait la vie sans les livres !

Comment avez-vous connu le Salon du Manuscrit et pourquoi vous y êtes-vous inscrite ?
J’ai reçu une invitation « Facebook » de Bénédicte Vidor avec laquelle j’avais des amis communs, et elle m’a inscrite. J’y adhère car je comprends la solitude et les interrogations de celles et ceux qui écrivent.

De combien d’œuvre avez-vous consulté le profil ? Comment les avez-vous choisi ? Qu’est-ce que vous recherchez en général comme lecture ?
Je lis environs trois manuscrits par semaine. Malgré tous mes efforts je n’arrive pas à aller au delà de ce nombre pour la bonne raison que je ne me contente pas de survoler l’histoire, j’en fais au contraire une lecture critique et suis très attentive au fond et à la forme pour savoir et avoir quoi dire à l’auteur qui attend un retour d’écoute. Le fait de ne pas lire tous les manuscrits mis en ligne m’empêche de voter pour rester juste avec tout le monde et ne pas faire d’erreurs. Je pourrais être injuste avec les manuscrits non lus qui peuvent avoir plus de potentiel que ceux que j’ai choisis, étant donné que mon choix est subjectif : je me base sur le titre.
En ce qui concerne mes lectures, le cheminement d’au moins le personnage principal compte beaucoup pour moi. Il est dans une situation donnée, quelque chose se passe qui appelle à un changement progressif le mettant en situation de prendre des décisions, de voir sa vie avec d’autres yeux, et de péripétie en péripétie notre personnage a une autre conception de la vie ! C’est passionnant ! Derrière cela c’est la philosophie de l’auteur qui se dessine, un homme ou une femme qui prend la parole, et une parole réfléchie, mûrie, triturée, dite sur tous les tons, dans la solitude et l’interrogation, ne mérite-t-elle pas d’être entendue ?

Vous sentez-vous investie d’une certaine responsabilité envers les auteurs pour lesquels vous allez accorder ou non votre vote ? Qu’est-ce que cela implique pour vous ?
Je vote rarement (je l’ai fait une fois, je ne recommencerai pas), par contre quand je lis un manuscrit et qu’à mes yeux des choses sont à revoir pour rendre la lecture plus attrayante, je me dois de le dire et préciser quel travail doit être fait. Parfois peu de choses suffisent, mais l’auteur a fait tant de moutures qu’il n’en peut plus et peut être déçu et découragé, d’où la nécessité de préciser. Mais cela ne demeure que l’humble avis d’un individu, l’auteur peut l’entendre et y réfléchir ce qui lui permet de prendre un peu de recul, ou non. Il a le choix.

Est-ce que vous avez déjà souscrit pour une œuvre proposées en souscription, ou bien comptez-vous le faire ? Le ferez-vous systématiquement pour toute œuvre à laquelle vous avez accordé votre vote ?
Je n’ai pas souscrit : la souscription suit le vote. Je ne me sens pas capable de lire plus de trois manuscrits par semaine. Pour voter, puis souscrire, il faut avoir tout lu, et voter pour le meilleur. Et si je n’ai pas lu le meilleur ? Je préfère pour l’instant, continuer comme cela. Je suis totalement libre. Par contre je pourrais soutenir les auteurs dont j’ai lu le manuscrit jusqu’à la publication en les relisant et en leur donnant mon simple avis de lecteur. Je pense que les responsables du Salon du Manuscrit, qui sont très réactifs, vont vite prendre acte de la manière de travailler des lecteurs et s’organiser pour que tout soit fait pour que l’auteur dont l’œuvre est prête à être publié soit éditée et celui qui doit travailler un peu ou beaucoup plus, soit soutenu et accompagné dans son travail.

Merci Baya pour cet avis très détaillé.

En conclusion

Je souhaite au Salon du Manuscrit une bonne fortune comme la démonstration d’une idée utile au monde de l’édition et plus particulièrement aux auteurs qui vivent comme un chemin de croix leur entrée dans cet univers impitoyable, quand bien même ils y arrivent. Et espérons que, si, victime de son succès, le Salon du Manuscrit peine à équilibrer l’offre et la demande, et ferme à nouveau des portes de la visibilité accordée aux auteurs, le principe se démocratise et attire d’autres professionnels dans ce modèle afin de véritablement laisser sa chance à tous. Quoi qu’il en soit, le système donne une véritable chance à n’importe qui, avec les mêmes moyens que dans le mode traditionnel. Il n’y a donc rien à attendre de plus qu’un franc succès.