duneVoici une chronique qui ambitionne de faire un tour d’horizon de l’oeuvre absolument gigantesque et époustouflante de feu Frank Herbert. Auteur de science fiction qui a marqué son temps, Frank Herbert a passé plus de la moitié de sa vie d’écrivain à bâtir un futur aussi éloigné que plausible à l’humanité, un futur sombre, terrible, entaché des mêmes souffrances et des mêmes erreurs que les nôtres, mais à une échelle intersidérale. Et pourtant, aussi éloignée et improbable que parût cette interprétation de Frank Herbert, elle n’en fut pas moins l’oeuvre d’un visionnaire qui a su lire et retranscrire toute la beauté et l’horreur de la nature humaine.

Frank Herbert (1920-1986)

Frank Herbert (Franklin Patrick Herbert Jr.) fut l’un des écrivains de science-fiction américain les plus renommés de son temps. Même si c’est Dune qui a véritablement lancé sa carrière et fait de lui un auteur connu et même adulé, l’histoire de cette saga s’étale sur beaucoup d’années. Déjà, pour l’époque, il faut reconnaître que c’est une fresque d’une dimension peu commune, mais il est rare, dans la science-fiction, d’aborder des thèmes aussi riches et profonds que Frank Herbert a pu le faire. Avant Dune (sans jeu de mot), Frank Herbert fait un premier mariage qui ne durera pas, et n’écrit que des nouvelles et des romans sans grande envergure. C’est toutefois lors d’un concours d’écriture qu’il rencontrera sa seconde femme, elle aussi écrivain. De 1946 (l’année de son mariage) à 1963, Frank Herbert ne peut pas vivre de ses œuvres. Mais en 1959, il a le déclic lors de recherches sur les Dunes d’Oregon pour lesquelles il est censé rédiger un article qu’il ne fera jamais. C’est le début de l’écriture de Dune qui sortira en deux parties, la première en 1963 et la seconde en 1965. C’est une oeuvre qui eut du mal à trouver un éditeur (pas moins de 20 éditeurs l’ont rejeté), mais qui finit par se faire publier à Philadelphie par une petite maison d’édition. Ça sera suffisant pour obtenir 2 prix prestigieux de la science-fiction, le Nebula en 1965 et le Hugo l’année suivante.

Dune est le début du succès et l’oeuvre du reste de sa vie (entre autres ouvrages), puisqu’il en écrira la suite jusqu’en 1985 où parait La Maison des Mères. En 1984 sa femme décède des suites d’un cancer déclaré et opéré en 1974. Il se remarie la même année que la parution de son dernier livre mais décède l’année suivante sans avoir terminé son oeuvre.

Frank Herbert a marqué de son empreinte tout un genre littéraire. Il est le premier a aborder des thèmes aussi majeurs que controversés dans le domaine de la science-fiction, à savoir, l’écologie, la religion, la politique, la survie de l’espèce humaine et l’évolution. Et de voir à quel point ces thèmes sont d’actualité et encore vivants de cohérence et de racines dans notre monde laisse présager qu’il a vu juste dans beaucoup de domaines. Si l’on peut apparenter Dune a une oeuvre visionnaire, elle n’est pas la seule réalisée par Frank Herbert qui soit porteuse de ce genre de message. Durant de longues années, Frank Herbert abandonne l’univers de Dune pour écrire d’autres romans mais aussi des essais et des études tous marqués du sceau de l’écologie, le thème le plus récurrent de ses écrits.

Dune, c’est un cycle de 6 romans (Dune, Le Messie de Dune, les Enfants de Dune, l’Empereur Dieu de Dune, Les Hérétiques de Dune, La Maison des Mères) dont l’univers est si riche et si développé qu’il a permis à l’un de ses fils de prendre la relève. Brian Herbert est devenu le co-auteur d’un nouveau cycle venu enrichir l’histoire de Dune, entre ce qui se passe « avant Dune », largement évoqué au travers des romans du cycle principal, et ce qui se passe « après Dune » ce qui a pour but de parachever l’oeuvre initiale. Chaque livre de cette saga est un pavé littéraire d’une profondeur inégalée à ce jour.

Pas de fan-fiction !

Non, je ne me sens pas de faire une fan-fiction de Dune. Ce que je pourrais écrire ne saurait rendre justice à la richesse et à la profondeur de cet univers, outre le fait que rien dans Dune n’est absolument représentatif de ce que ce récit comporte. En fait pour comprendre ce que peut-être Dune, il faut l’envisager comme une encyclopédie historique vivante. Chaque chapitre raconte une portion infinitésimale de l’aventure humaine d’un point de vue quasiment neutre. Même si elle est transposée dans un futur très éloigné, c’est bien notre monde qui se trouve retranscrit dans cette saga de science-fiction, et sa complexité est au moins aussi grande que l’est notre univers connu.

Bien sûr, Frank Herbert va au-delà des apparences et projette cette humanité au travers de tous les sujets qui la concerne. Si son thème central est l’écologie, elle est évoquée à une échelle sans pareille. Il ne nous évoque pas l’écologie au sens politique du terme, mais au sens universel. Il n’évoque pas l’homme pour ce qu’il est à ses yeux, mais pour ce qu’il est dans son contexte. L’auteur compare assez vite les agitations morales, culturelles, politiques et belliqueuses des hommes comme les ébats de fourmis dans une fourmilière placée dans un univers bien plus vaste. Et pourtant, devant ces considérations, c’est l’humain et l’humain seul le héros aux facettes multiples de ce chef-d’oeuvre.

Loin des poncifs traditionnels des récits imaginaires qui s’efforcent d’identifier le bien et le mal et de prendre un parti, Frank Herbert met en place des figures qui échappent à tout manichéisme. Même s’il serait rassurant de penser qu’il existe un consensus autour de la notion de bon droit et de justice, l’auteur a créé des personnages ambivalents issus de factions servant leurs propres intérêts mais ayant chacune une propension à croire que leur vision de l’univers et de son avenir est la meilleure et qu’il faut l’imposer aux autres.

Il est facile de se perdre dans Dune, au sens propre comme au figuré. Mais ne nous perdrions-nous pas de même dans notre propre monde, si nous étions d’un coup d’un seul confrontés à sa grandeur et sa sublime richesse ? C’est un peu l’effet que ça donne. Même si la porte d’entrée offerte par Frank Herbert est relativement petite, on est rapidement assailli par un nombre incalculable d’indications d’ordre politique, social, culturel, géographique, etc.. Pourtant, il y a dans tout ça quelque chose de familier. Car, rien de ce à quoi nous sommes confrontés dans Dune n’est fondamentalement différent de ce que nous pouvons trouver dans notre propre culture. Frank Herbert s’est ingénié à imaginer ce que pourrait être l’avenir d’ethnies, de sociétés secrètes et de minorités marquantes ayant déjà des siècles d’histoire pour nous, et qui auraient survécu à travers les âges grâce à leur extraordinaire potentiel conservationniste.

Et dans le même temps, Herbert explore des idées très modernes et encore balbutiantes pour nous de transhumanisme, au travers de la mutation, du clonage et de l’eugénisme. Son fils fera de même en mettant un pied dans l’histoire fondatrice de Dune avec les cyborgs et les machines. Il mets aussi l’accent sur la prescience qui est le fil conducteur de l’ensemble de la saga et donc pose des questions philosophiques sur la destinée. Il s’y trouve aussi une réflexion sur l’épuisement des ressources naturelles vitales (100 ans avant que l’épuisement de nos ressources fossiles ne devienne un sérieux problème pour nos enfants). Et tout cela n’est qu’un terreau pour non pas raconter une histoire, mais l’Histoire. Une chronologie qui s’étend sur des générations pour un récit qui nous entraîne on ne sait trop où. L’aboutissement de l’oeuvre n’est pas clair, car comme toute oeuvre inachevée, elle n’a pas révélée tous ses secrets, et dans le fond, l’Histoire avec un grand H, n’a pas vraiment de fin. En revanche, elle est pleine d’enseignements.

La science-fiction et le space-opéra, dont le cycle de Dune est le représentant le plus marquant de l’histoire de la littérature, est aujourd’hui un genre dans lequel on n’invente rien. Dune est le précurseur d’une vision totalement révolutionnaire de la science-fiction, comme la formule parfaite du visionnaire, et la crédibilité de l’oeuvre, même pour une histoire située dans 80 siècles, est surprenante de cohérence et force. Dune est ce dont on s’inspire car on a souvent l’impression qu’Herbert a tout inventé. Ce qui est faux, évidemment. Il reste de nombreux trous dans sa vision. Mais en terme de contexte et de toile de fond, il est difficile de créer un univers de science-fiction sans ressembler un tant soit peu à Dune. Ça n’est pas un problème en soi, mais cela laisse parfois l’impression que le maître n’a jamais eu aucun successeur digne de ce nom.

L’Épice

Au cœur de la préoccupation de toutes les puissances de l’univers connu se trouve l’Épice. L’Épice est la substance la plus précieuse qui soit. Elle vaut qu’on tue, qu’on intrigue et qu’on mène des guerres pour elle. Et si ça vous rappelle quelque chose, c’est tout à fait normal. Cela étant, nous nous situons en l’an 10191 au début du premier roman, et à cette époque future, l’humanité a depuis longtemps quitté la planète mère pour essaimer des colonies sur des mondes habitables partout dans la galaxie. Et un jour on découvre une planète, Arrakis, sur laquelle se trouve l’Épice. D’un, c’est la seule et unique planète dans tout l’univers où l’on trouve l’Épice, et de deux, il est impossible de comprendre comment l’Épice est créée.

Ce second postulat est assez fragile dans la saga de Dune d’ailleurs. Les moyens scientifiques ont certes régressés puisque les ordinateurs ont été bannis de la plupart des sociétés, mais rien n’explique vraiment pourquoi des moyens n’ont pas été mis en oeuvre pour comprendre exactement comment l’Épice est créée. Quelques raisons plausibles sont données au travers des livres écrits par Brian Herbert, mais au début de l’histoire du cycle, on l’ignore. Et la révélation de ce secret est l’un des sujets du premier roman.

L’Épice est précieuse pour diverses raisons sont les plus connues sont, la prolongation de la vie, la capacité à étendre le champ de perception et à atteindre la prescience pour certains initiés, et enfin, la substance nécessaire à la survie des Navigateurs de la Guilde spatiale, des mutants qui ont acquis, grâce à l’Épice, la capacité de « replier l’espace » et donc d’obtenir le monopole du transport quasi-instantané à travers l’espace, autant dire, un pouvoir prisé par le gouvernement en place afin de maintenir la cohésion de l’Empire. Si l’Epice s’arrête, plus de vie à rallonge, plus de prescience et surtout, plus de voyage instantané, donc destructuration progressive de l’Empire qui en dépend.

C’est en cela que que la planète Arrakis que l’on appelle Dune en raison de sa nature désertique et des conditions hostiles de vie, est le centre névralgique de l’Empire, et c’est en cela que son contrôle et son exploitation sont primordiaux. Si personne ne peut ravir le contrôle d’Arrakis à l’Empire, l’Empire n’en est néanmoins pas directement propriétaire. D’une part parce que la Guilde Spatiale est un organisme indépendant du pouvoir central, tout comme la CHOM (le Combinat des Honnêtes Ober Marchands) qui assure le commerce de l’Épice. La planète a été colonisée jadis par la maison Corrino, la maison impériale, et pour éviter que celle-ci ne puisse faire pression sur ses partenaires commerciaux, elle doit en déléguer l’exploitation a une maison noble inféodée de son choix. Pendant des générations, ce sont les Harkonnens qui ont été les exploitants de Dune, mais pour une raison politique difficile à comprendre au départ, c’est la maison Atréides (les ennemie haïs des Harkonnens) qui en héritent.

Pour comprendre le mécanisme géopolitique de Dune, il faut voir l’Empire comme une association mutuellement profitable de royaumes indépendants, le Landsrad, au sein duquel il existe une maison régnante, les Corrino. Chacune d’elles participe à une sorte de grand marché boursier au sein duquel la ressource ayant la plus grande valeur est l’Epice. L’Empire n’est pas maître de l’Épice, car les Maison entreraient toute en guerre totale pour en obtenir le contrôle. C’est donc ce marché boursier, la CHOM, qui constitue le point d’équilibre, qui permet à chaque maison du Landsrad et à la Guilde Spatiale d’acheter de l’Epice. Et tout repose là-dessus. Si l’une des maisons s’emparait d’Arrakis et bloquait la distribution de l’Épice, tous se dresseraient contre lui et comme personne ne peut produire d’Épice en dehors de Dune, c’est le statu quo. Les règles édictées par la CHOM permettent donc à la maison impériale de nommer l’exploitant de Dune.

Mais au sein du Landsrad, les rivalités et le jeu du pouvoir perdurent. Celui qui possède le contrôle de l’exploitation de l’Épice est généralement en position de force par rapport aux autres, et si l’Empire veut le destituer, il peut le faire très aisément pourvu que ses motifs conviennent à la Guilde Spatiale et à la CHOM. C’est sur cette particularité que la maison des Atréides va être mise en danger. Car la popularité de la maison Atréides au sein du Landsrad est grande et celle-ci fait de l’ombre aux Corrino. Pour éviter un plébiscite qui pousserait les Atréides à prendre naturellement le pouvoir, l’Empereur manœuvre pour détruire cette maison. Au premier abord, leur confier la direction de Dune en éconduisant les Harkonnen semble un chouette cadeau, sauf que c’est le siège éjectable le plus sensible de l’univers. Corrino et Harkonnen font tout leur possible pour les acculer et les accuser de traîtrise ce qui permet de les évincer avec pertes et fracas, la CHOM, le Landsrad et la Guilde Spatiale pour témoins.

L’avenir de l’Épice à partir de ce point est très intéressant. Y voir le parallèle avec le pétrole pourrait nous conduire à nous faire des cheveux blancs. Ben oui, quand une ressource épuisable et primordiale s’épuise, que se passe-t-il ? En tout cas, dans l’univers de Dune, ça castagne sec. Non seulement il y a des guerres, mais aussi des manœuvres subversives de diverses natures pour parvenir à renverser la situation à l’avantage d’une faction ou d’une autre. C’est là tout ce que raconte le cycle de Dune et ce sur plusieurs millénaires, au travers desquels l’Épice va perdurer.

Dune, tome 1 (1963)

dune_tome_1« Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers achète à n’importe quel prix. Richesse très convoitée : quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi mystique. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et qui, à la tête des commandos de la mort, changera le cours de l’histoire. Cependant les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique ; elles veulent créer un homme qui concrétisera tous les dons latents de l’espèce. Tout est fécond dans ce programme, y compris ses défaillances. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l’Empire ? »

Quatrième de couverture de l’édition Pocket, 2005

Bien que Dune reste un unique roman, il est encore fréquemment publié comme il le fut originellement, en deux tomes séparés. Mais Dune tome 1 et 2 forment un récit unique et complet. Cette première partie est une mise en situation. Elle est relativement digeste, mais un peu ennuyeuse. La profusion de personnages et de contextes y est relativement abrutissante pour un esprit mal réveillé. Il faut donc être particulièrement attentif à la lecture pour comprendre toute la profondeur du contexte géo-politique qui est le point de départ de Dune.

Toujours est-il qu’on y voit la prise de contrôle de Dune par les Atréides, puis leur renversement par les Harkonnens avec l’appui de l’Empire. Des personnages importants vont disparaître durant cette conquête éclair, notamment le maître de la maison Atréides. Mais son fils parvient à s’enfuir et à rejoindre le mystérieux peuple des Fremens qui vit dans les rudes conditions d’Arrakis au coeur du désert.

Au passage, je souligne que la forme de ce roman est en elle-même très intéressante. La chronologie y est très entendue (plusieurs années). Un chapitre se focalise sur un lieu à une date donnée et expose des faits aux travers des personnages qui les vivent dans un mode de narration standard. Chaque chapitre est précédé d’un chapeau dans lequel est inscrit un éléments relatif au contexte. Il peut s’agir d’un enseignement tiré d’un livre, d’une citation ancienne ou récente, d’un proverbe, bref, une petite oeillade culturelle très à propos par rapport au chapitre ouvert. A ma connaissance, cette méthode fut la première fois utilisée par Frank Herbert et figure dans tous les livres du cycle.

Quant au style littéraire, il est assez soutenu. Sans s’adonner aux complexes et longues tournures d’un Umberto Eco, Frank Herbert est un véritable écrivain qui fait de jolies phrases. C’est donc assez recherché et le vocabulaire est aussi varié qu’étendu. Les traductions françaises s’en sortent relativement bien. Ça reste néanmoins très abordable et assez facile d’accès, contrairement au contenu qui, quant à lui, requiert beaucoup d’attention.

Dune, tome 2 (1965)

dune_tome_2« Paul Atréides vient d’avoir quinze ans. Les Révérendes Mères le surveillent : il est issu d’une lignée sélectionnée et a montré dès l’enfance des dons extraordinaires. Serait-il le surhomme prévu par leur programme génétique ?
Leto, le père de Paul, est parent de l’empereur ; celui-ci lui remet en fief Dune, la planète des sables, qui produit l’épice de longue vie. Les Harkonnen, ses vieux ennemis, lui tendront là un piège fatal. Paul fuit dans le désert auprès des Fremens, ces nomades aguerris par les épreuves et soutenu par une foi farouche. Une foi que le jeune homme va galvaniser pour préparer sa vengeance.
Mais le destin peut-il s’accomplir sans un effroyable carnage ? Les Révérendes Mères sélectionnent des lignées depuis des millénaires et le chaos qui s’annonce risque de mêler tous les sangs dans le désordre. Le Messie des Fremen a, dit-on, le pouvoir de lire l’avenir. Aura-t-il celui de l’éviter ? »

Quatrième de couverture de l’édition Pocket, 2007

Cette deuxième partie ne saurait être lue sans la première. Si l’Empire a obtenu ce qu’il voulait, l’éviction des Atréides et le retour des Harkonnen à l’exploitation de Dune, la vengeance de Paul Atréides va sensiblement modifier la donne. Le soulèvement des Fremens contre les dirigeants de Dune va menacer la production d’Epice. Et cette menace ayant des conséquences directes sur le fonctionnement de l’Empire, tout le gratin de l’univers finit par se donner rendez-vous sur la planète la plus inhospitalière du quartier pour tenter de régler le problème. Et le problème va être vite réglé.

Ce tome va mettre fin à l’équilibre impérial lié au commerce et à l’utilisation de l’Epice et changer les fondements des règles du jeu. Herbert poursuit, dans ce volume à la qualité d’écriture identique à la première partie, ce qu’il a commencé et qu’il termine sans pour autant répondre à toutes les questions posées. A la fin de ce livre, Dune pouvait ne pas avoir de suite.

Le Messie de Dune (1969)

dune_tome_3« Paul Atréides a triomphé de ses ennemis. En douze ans de guerre sainte, ses Fremens ont conquis l’univers. Il est devenu l’empereur Muad’hib. Presque un dieu, puisqu’il voit l’avenir. Ses ennemis, il les connaît. Il sait quand et comment ils frapperont. Ils vont essayer de lui reprendre l’épice qui donne la prescience et peut-être de percer le secret de son pouvoir. Il peut déjouer leurs plans. Mais il voit plus loin encore. Il sait que tous les futurs possibles mènent au désastre. Il est hanté par la vision de sa propre mort. Et s’il n’avait le choix qu’entre plusieurs suicides ? Et s’il ruinait son œuvre en matant ses ennemis ? Peut-être n’y a-t-il pour le prescient pas d’autre liberté que celle du sacrifice… »

Quatrième de couverture de l’édition Pocket, 2012

Le Messie de Dune prend place des années après que Paul Atréides soit devenu maître d’Arrakis et Empereur de l’univers connu. Problème quand on est sommet de la pyramide, tous ceux qui sont en dessous convoitent votre place. L’ennui c’est que tout prescient qu’il est, et malgré l’allongement de sa vie, Paul n’est pas immortel et sait que tout ce qui le guette, c’est la mort. Quoi qu’il arrive, il mourra, et son don est une malédiction, car il ne voit en somme que toutes les façons dont il mourra et son incapacité à influer sur ce qui passera ensuite, et cet « ensuite », c’est une guerre encore plus terrible que celle qu’il a menée pour prendre l’Empire, car sans lui pour le protéger, tous ceux qui convoitent l’Epice vont à nouveau fondre, tels des vautours, sur la seule planète qui en produit, devenue centre de l’univers.

Le Messie de Dune remet un peu en question ce qui précède dans le sens où tout ce à quoi la vengeance de Paul Atréide a mené se trouve confronté à une réponse aussi simple que naturelle : une autre vengeance. Et dans ce cycle infini de vendetta entre individus, les seules victimes sont tous les autres. Frank Herbert, tout en développant son univers permet à Paul Atréides de trouver une porte de sortie. Toutefois, il ne fait que transmettre le problème à quelqu’un d’autre. A moins d’éradiquer l’Epice ou tout ceux qui la convoitent, la lutte pour le contrôle de la substance n’aura pas de fin.

Les Enfants de Dune (1976)

dune_tome_4« Sur Dune, la planète des sables, les prophéties s’accomplissent : le désert devient jardin. Du coup, les vers géants se font rares et l’Épice de prescience vient à manquer. Tout ce qui reste de l’épopée de Muad’Did, c’est un empire conquis des guerriers déchus, des prêtres tentés par la théocratie. Et les deux jumeaux, Leto et Ghanima, qui portent en eux les souvenirs d’innombrables générations. Y compris, peut-être, l’antique Abomination redoutée par les sœurs du Bene Gesserit et prête à revenir du passé génétique pour faire basculer l’univers dans le cauchemar. Les morts dominent les vivants. Leto devra affronter les uns et les autres en un combat sans merci dont l’enjeu est plus que la prescience, plus que la longévité : au moins la toute-puissance, et peut-être l’immortalité. »

Quatrième de couverture de l’édition Pocket, 2005

Les Enfants de Dune marque un tournant de le cycle de Dune. On se place quelques années après le Messie de Dune où les enfants de Paul Atréide ont atteint un âge suffisamment avancé pour prendre en main leur destin. Il se trouve qu’ils sont tout aussi prescients que leur père, peut-être même plus. Tandis que leur tante (la soeur de Paul donc) assure une régence jusqu’à leur majorité et que Paul est considéré comme mort, la transformation d’Arrakis en planète fertile amorce la disparition de l’Epice. Bien entendu, c’est quelque chose que ce qu’il reste de la CHOM, du Landsrad et de la Guilde spatiale ne peuvent laisser faire.

Mais le problème est avant tout intestin, car l’Empire se désagrège de lui-même. Les Fremens se sentent trahis depuis la disparition de Paul Atréides et beaucoup aimeraient retrouver leur sérénité d’antan. Les habitués du désert sont en train de perdre à la fois leur identité et leur terre qui se transforme sous leurs yeux.

Les Enfants de Dune met en avant un problème générationnel face au changement. Les héritiers de l’Empire sont prêts à aller de l’avant mais, comme Paul avant eux, savent ce qui les attend. Néanmoins, Leto trouve et accepte une alternative que son père ne voulait pas emprunter. C’est à partir de là que la destinée de Dune prend un tournant. Car si Paul acceptait que la force de l’Empire repose sur la menace de la disparition de l’Epice, menace qu’il n’était pas prêt à mettre à exécution, Leto, son fils, va renverser la tendance. Il va faire disparaître l’Epice et continuer à être fort.

L’Empereur-Dieu de Dune (1981)

dune_tome_5« Leto Atréides, l’Empereur-Dieu de Dune, est désormais un ver de sable à face humaine. À peu près invulnérable et immortel, il a entrevu dans l’avenir une terrible menace : l’extinction de l’espèce humaine. Pour la conjurer, il fait respecter impitoyablement, dans l’univers humain, son ordre, le Sentier d’Or. L’Empire a connu trente-cinq siècles de paix. La Guilde et le Bene Gesserit ont les mains liées : c’est Leto qui contrôle sur Dune les dernières réserves de l’indispensable épice. Les Tleilaxu et les Ixiens n’ont pas désarmé les premiers livrent régulièrement à l’empereur des répliques piégées de son fidèle ghola, Duncan Idaho, les seconds lui envoient Hwi Noree, la femme parfaite, issue d’une éprouvette et chargée à son insu de le séduire et de le détruire. Leto, par sa prescience, voit un avenir où il sera séduit ; il voit aussi que pour sauver l’humanité de la mort, il peut être amené à se sacrifier lui-même et à sacrifier la femme qu’il aimera, et qui réveille d’anciens souvenirs. L’Empereur-Dieu de Dune est peut-être le livre le plus émouvant de cette série sans équivalent. »

Quatrième de couverture de l’édition Pocket, 2005

L’Empereur-Dieu de Dune se déroule 3500 ans après le précédent livre. Ce qui se passe durant cette période n’est qu’évoqué comme un long fleuve tranquille. En fait, Leto est devenu un vers des sables géant et en tant que tel, il est la personnification de la production d’Epice, étant donné que la transformation de Dune est quasi-terminée et qu’il n’existe plus du tout de désert.

Dans ce livre, Leto Atréides entrevoit la fin de sa vision et de celle de Paul, puisqu’il estimait jusque là que son existence immortelle permettrait d’empêcher les humains de s’entretuer pour l’Epice. Mais à présent qu’elle a presque disparu et que les factions cherchent désespérément un moyen d’y pallier, il semblerait que sa mort puisse contribuer à forger un avenir sans éradication de l’espère humaine. Tout le problème étant de mourir pour quelqu’un qui est immortel.

Ce tome aborde moins les problématique qui précèdent, on y voit davantage la continuité, voire la conclusion de ce qui a été amorcé dans les précédents ouvrage sans véritablement voir où cela nous conduit. Depuis de le début de Dune, les visions d’avenir tragiques dont les personnages principaux se plaignent ne sont connus que d’eux seuls, et il est parfois difficile de comprendre comment leurs décisions influent sur quelque chose que nous ne pouvons qu’imaginer. Toutefois, ce livre sera bien la fin de l’Empereur-Dieu et le moyen de lancer autre chose.

Les Hérétiques de Dune (1984)

dune_tome_6« Leto II, le Tyran, l’Empereur-Dieu, est mort depuis des milliers d’années, mais son souvenir est dans toutes les mémoires. Sa disparition a entraîné un tourbillon de violences, la Grande Famine, la Dispersion de l’humanité à travers les univers. Pourtant ces désordres ont assuré la survie de l’humanité conformément aux plans du Tyran, et ses Prêtres en tirent argument pour justifier leurs ambitions. Mais la Révérende Mère Taraza sait bien que le pouvoir vient de l’Épice, source de la prescience. La planète Dune, devenue Rakis, restera-t-elle le centre de toutes les intrigues alors que le Bene Tleilax a appris à produire l’épice sans le secours des vers géants ? Les forces qui se mesurent dans l’ombre sont à l’affût du moindre signe. Or les signes se produisent là où nul ne les attendait. Sur Rakis, une jeune fille, presque une enfant, semble pouvoir commander aux vers géants. Sur tout le pourtour de l’Empire, les Égarés de la Grande Dispersion commencent à revenir. Que cherchent-ils ? Que fuient-ils ? »

Quatrième de couverture de l’édition Pocket, 2005

Dans ce volume, dont les évènements se déroulent 1500 ans après la mort de l’Empereur-Dieu, les choses sont assez confuses. C’est un peu le début d’un nouveau cycle. Si les vers des sables et l’Epice sont reparus sur Dune (qui redevient désertique), l’Epice n’est plus un enjeu critique sauf pour faire de l’ombre à l’ordre des Tleilaxu (le Bene Tleilax) qui a trouvé (enfin) un moyen de créer artificiellement de l’Epice. Mais avant qu’ils y parviennent, la mort de Leto et avec lui de la seule source d’Epice restant dans l’univers a entraîné une désagrégation de l’Empire. La Guilde Spatiale a pratiquement rendu l’âme et les voyages spatiaux instantanés n’étant plus possibles sans Epice, il en a découlé une isolation massive des différentes maisons les unes par rapport aux autres.

Il faut bien voir ce livre comme un nouveau départ. La situation géopolitique a beaucoup trop changé pour reprendre l’intrigue où elle en était restée. Au contraire, on positionne de nouveaux enjeux (quoique l’enjeu central reste la possibilité de sauver la production d’Epice retrouvée, car un monopole des Tleilaxu serait mal avisé) dont la survie des Vers des Sables. Dans cet opus, un ordre jusque là relativement hostile à la maison Atréides, le Bene Gesserit, devient, en dépit de ses règlements de comptes internes, le « gentil » de l’histoire. Une autre organisation lui est opposée, une sorte de miroir déformant du Bene Gesserit, les Honorées Matriarches, dont le but est d’éradiquer tout autre source d’Epice que le commerce juteux des Tleilaxu.

En toile de fond, il y a toujours quelques éléments mystiques qui traversent le temps et demeurent au coeur de l’intrigue sans que l’on sache exactement pourquoi. L’explication sera plus claire (quoique) dans le livre suivant. Dans l’ensemble, il faut bien le dire. Les thématiques d’origines sont toujours là en toile de fond, mais le sujet de l’histoire est beaucoup plus politique qu’auparavant.

La maison des mères (1985)

dune_tome_7« Dune est détruite, vitrifiée, atomisée. Sur tout l’Empire déferlent les hordes furieuses des Honorées Matriarches, massacrant tout sur leur passage. Les planètes tombent l’une après l’autre. Le Bene Gesserit reste la seule force organisée.
Que faire ? Darwi Odrade, la Mère supérieure, compte beaucoup sur Miles Teg, l’enfant-ghola, issu d’un célèbre guerrier, mais dont l’éveil s’annonce délicat. Au demeurant, la solution n’est peut-être pas dans la force des armes. Une Honorable Matriarche, Murbella, est passée au Bene Gesserit. Si elle survit à l’Agonie de l’Épice, les forces du déséquilibre, enfin mêlées, pourraient aboutir à l’impossible union. Darwi Odrade propose de négocier. La Très Honorée Matriarche accepte : elle s’attend à une capitulation sans conditions. Mais la Mère Supérieure a un plan.
Elle sait bien que l’entreprise est des plus risquées. Si elle parvenait à ramener la paix, elle provoquerait des tensions insupportables et peut-être une nouvelle Dispersion. Rien de moins. »

Quatrième de couverture de l’édition Pocket, 2005.

Sorti l’année suivante, La Maison des Mères clos les intrigues commencée dans les Hérétiques de Dune. Cela étant, ça nous laisse quand même un peu dans l’expectative. La raison pour laquelle le fils de Frank Herbert a pu écrire une suite réside principalement dans le fait que Frank Herbert en avait prévu une, laissant moult notes et travaux préparatoires à la postérité. Néanmoins, la Maison des Mères fait figure de fin, puisque l’on s’y débarrasse du spectre des Honorées Matriarches sur lesquelles on en apprend d’ailleurs un peu plus.

Cette fois encore, c’est le Bene Gesserit, les pseudo-gentils de l’histoire, mais une histoire qui n’a ni vainqueur ni vaincu. En fait, c’est une révélation de ce que Léto II, l’Empereur-Dieu, prévoyait qui trouve sa conclusion à ce moment, à savoir, la survie de l’humanité.

L’ennui de le Maison des Mères, est que le livre apporte pratiquement autant de questions que de réponses. Sa conclusion vis-à-vis de ce qui précède est bénéfique en soi, mais de nouveaux éléments sont introduits dans le récit et semblent faire partie d’une autre histoire dont on ne connaîtra pas la fin. C’est donc une lecture extrêmement frustrante à travers laquelle on touche du bout du doigt le fin mot de presque toute la saga sans en capter la profondeur ni pouvoir l’expliquer autrement qu’en formulant des hypothèses.

Inspiration

Le cycle de Dune est une source d’inspiration pour tout auteur. Les thèmes que Frank Herbert aborde sont intemporels et toujours valables même hors contexte, car ils sont universels. Peu ont abordé ces thèmes comme Herbert a pu le faire. En dehors de la trace que Dune a laissé dans le paysage littéraire de science-fiction, c’est la source d’inspiration parfaitement identifiée de plusieurs œuvres.

dune_film_lynchEn premier lieu, il y a eu une adaptation cinématographique de Dune, un film sorti en 1984, réalisé par David Lynch, et qui reprend les évènements des deux premiers tome (du moins de l’intégrale Dune, tome 1 et 2). Une oeuvre qui a eu un succès limité voire contestable, car bien mal accueillie par la critique, trop vue comme une oeuvre trop « lynchienne » et pas assez comme un film tout public. Ce qui n’est pas faux. Même si Lynch est un réalisateur de talent, il a un style très marqué et pas apprécié de tous, et qui a largement déteint sur le rendu du film. Un film que les producteurs voulaient plus long (et qui ont diffusé une version longue reniée par Lynch), que Lynch aurait souhaité plus court et qui retrace avec une certaine justesse mais aussi d’énormes lacunes les évènements du livre et qui lui offre une fin « propre » n’appelant aucune suite. Il n’y en aura d’ailleurs pas.

Mais le film de Lynch n’est que le résultat d’un troisième projet, un premier avait été lancé au départ en 1975 par Jorodowsky mais il ne trouva pas les fonds pour le financer. Ensuite c’est Ridley Scott qui s’y est attelé en 1979, mais la pré-production fut jugée trop lente et Scott quitta le projet dont Lynch hérita. Et si le projet de Jodorowsky n’a jamais vu le jour, l’auteur est resté très marqué par l’univers de Dune dont s’inspire en grande partie l’univers des Méta-Barons.

Dune-telefilmIl y a eu un autre essai cinématographique sur Dune, mais à la télévision cette fois. Une série de téléfilms pour retracer de façon plus fidèle et plus littérale (moins imagée et réinterprétée que ce qu’avait fait Lynch) du livre de Dune, puis du Messie et des Enfants de Dune, pour une résultat qui vaut le coup d’œil pour connaître l’histoire, qui ne casse pas des briques d’un point de vue effets spéciaux, mais qui est largement plus proche du récit d’origine, à tel point qu’il n’y a pas vraiment eu de scénario. Finalement, c’était plus une retranscription qu’une adaptation, mais il était assez réussi et surtout moins mystique et plus facile à comprendre que la version de David Lynch.

Curieusement, en dehors de ces deux tentatives d’adaptation plus ou moins réussies, Dune n’a pas fait d’autres émules. Il faut dire que cela reste un sujet très difficile à traiter au cinéma. Pour être honnête, il y a d’énorme longueurs qui ont une certaine importance d’un point de vue purement « touristique » dans les bouquins qu’il ne faut pas tenter de mettre à l’écran. Lynch avait évité cet écueil en diminuant considérablement la profondeur de l’oeuvre. Le téléfilm, quant à lui, a fait l’inverse et s’avère être d’un ennui mortel par moment. Cela a pu refroidir les ardeurs de ceux qui envisageait de reprendre la licence. Dommage. Si c’est un défi de taille, il n’aurait rien à envier à la future hexalogie des Terres du Milieu du point de vue de la richesse potentielle du contenu.

Enfin, si, il reste encore une source d’inspiration importante, sinon la plus importante de toute : la suite. Car Dune a été repris par Brian Herbert, l’un des fils (né de son second mariage) de Frank et un autre auteur Kevin J. Anderson. Suite à la fois préquelle et séquelle, puisque composée de 12 tomes (+3 à paraître) à ce jour certains se déroulant avant, et d’autre après le cycle de Dune par Frank Herbert. Toutefois, je n’en dirai pas davantage ici, car je compte bien développer prochainement une chronique complète à ce sujet.

Accessoirement, Dune a aussi eu un autre type d’adaptation, en jeu vidéo. Dune, le premier du nom est sorti en 1992 sur PC et Amiga. Il reprend les évènements du tome 1 et 2 (de Dune quoi), dans lequel le joueur « incarne » Paul Atréides. Le jeu suit donc le parcours du jeune Paul depuis le fils du Duc Léto Atréides jusqu’à être le chef de guerre Fremen conquérant de Dune, dans un jeu à mi-lieu entre le jeu d’aventure et le real-time strategy (RTS). A noter que le faciès de certains personnages du jeu est directement issu de l’adaptation cinématographique de David Lynch.

Il y eu un second opus à Dune, cette fois un pur jeu de RTS dans le style de Warcraft qui était sorti à peu près à la même époque. Dune 2 n’avait plus trop de lien avec le livre, se contentant de reprendre une partie des concept de RTS de Dune 1 et les transposer pour faire s’affronter 3 maisons du Landsrad pour l’exploitation de Dune, les Atreides, les Harkonnen et les Ordos (à ce titre, les Ordos sont une pure invention qui n’ont même pas droit de cité dans les romans). Ce dernier jeu a fait des émules, Dune 2000 et Empereur : la bataille pour Dune qui sont dans la lignée de Dune II et qui n’apportent rien à l’univers en tant que tel.

Conclusion

Frank Herbert a signé avec Dune une oeuvre mémorable et majeure de la science-fiction. Curieusement, on a beau osciller entre la pure SF et le space-opéra,  malgré l’usage de technologie avancée et de voyage spatiaux, l’essentiel des intrigues se déroulent dans un contexte terrestre. Si l’on ne parlait de différentes planètes, on pourrait parler de régions d’un monde séparées par de longues distances et requérant un carburant en voie de disparition pour les atteindre, cela reviendrait au même. Herbert ne laisse pas de part importante à la notion de voyage spatiaux rendue anecdotique par le fait que les évènements importants se passent et ne peuvent se produire que sur les différents mondes de l’univers connu et plus principalement sur Arrakis/Dune. La thématique des religions, des conflits territoriaux et politiques, la féodalité, l’écologie, le mysticisme, tout cela n’a rien de profondément futuriste. Ce pourrait être de l’heroic-fantasy tout autant, voire du contemporain.

Choisir un genre littéraire en vogue à l’époque était sans doute plus simple et mieux convenu. Et le résultat final n’est pas tant le contexte futuriste dans lequel se déroule ce récit d’humanité, mais le cadre intemporel de cette vision à peine déformée de l’humain en proie aux même difficultés et aux même problématiques que celles de notre siècle.

Quoi que j’aie pu dire dans cette chronique, c’est encore trop peu pour rendre justice à l’incommensurable richesse de l’univers de Dune, mais j’espère quand même n’en avoir pas trop dévoilé pour gâcher le plaisir de la découverte, ou en avoir assez dit pour donner envie de s’y plonger corps et âme.